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Vie sociale

Quel est le rôle des grands-parents auprès de leurs petits-enfants ?

Le rôle des grands-parents ne figure dans aucun manuel : il se construit avec les parents, selon la distance, la santé et l’histoire de chaque famille. Ce guide rassemble ce qu’en disent les enquêtes (Insee, Drees, École des Grands-Parents Européens) et la loi, de la garde du mercredi au droit de visite.

L’équipe Colibree mis à jour le 13 min de lecture

Un grand-père aux cheveux blancs serre contre lui sa petite-fille et son petit-fils, tous trois souriants, près de fleurs jaunes.

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L’essentiel en 30 secondes

  • La France métropolitaine comptait 15,1 millions de grands-parents en 2011 ; on le devient en moyenne à 54 ans pour les femmes et à 56 ans pour les hommes (Insee).
  • Environ deux tiers des enfants de moins de 6 ans sont gardés au moins de temps en temps par leurs grands-parents, mais moins de 2 % le sont à titre principal (Drees).
  • Transmettre un savoir-faire et raconter des souvenirs de famille : 95 % des parents et grands-parents y voient un rôle prioritaire (OpinionWay pour l’EGPE, 2013).
  • Ce que les 12-18 ans aiment le plus chez leurs grands-parents : « Ils ont du temps pour nous » (49 % des réponses).
  • L’article 371-4 du Code civil donne à l’enfant le droit d’entretenir des relations avec ses grands-parents ; seul son intérêt peut y faire obstacle.

« Je suis drôlement content, parce que Mémé vient passer quelques jours à la maison. Mémé, c’est la maman de ma maman, je l’aime beaucoup, et elle me donne tout le temps des tas de chouettes cadeaux. »

René Goscinny, Le Petit Nicolas a des ennuis, 1964

Le Petit Nicolas appelle sa grand-mère « Mémé », et non « mamie » ou « Granny ». Peut-être réfléchissez-vous au petit nom qu’utilisera votre petit-fils ou votre petite-fille. Classique ou inventé, le surnom donné aux grands-parents est unique, comme le lien qui les unit à la troisième génération.

Le rôle des grands-parents auprès de leurs petits-enfants, lui, ne se choisit pas tout seul. Il se discute avec les parents et change avec l’âge des enfants. Voici ce qu’en disent les enquêtes et la loi, avec des repères pour trouver votre place.

Quel est le rôle des grands-parents dans la famille ?

Les grands-parents ne sont pas des parents bis : l’éducation revient aux parents. Leur rôle est de donner du temps, de transmettre l’histoire de la famille et de servir de relais quand les parents en ont besoin. C’est un rôle d’appui, pas de direction.

Ce rôle concerne beaucoup de monde. En 2011, la France métropolitaine comptait 15,1 millions de grands-parents, dont 8,9 millions de grand-mères et 6,2 millions de grands-pères, pour 63 millions d’habitants, soit près d’un quart de la population.

15,1 millions de grands-parents en France métropolitaine en 2011

54 et 56 ans âge moyen auquel les femmes et les hommes deviennent grands-parents

5,2 petits-enfants en moyenne pour les grands-parents de 75 ans ou plus

80 % des personnes de 70 ans sont grands-parents

Source : Insee, enquête Famille et logements 2011 (Insee Première n° 1469).

Ces chiffres datent de 2011 : l’Insee n’a pas publié de comptage plus récent. Ils disent deux choses utiles. On devient grand-parent encore jeune, souvent en pleine activité professionnelle, et l’on peut le rester trente ans ou plus. Le rôle n’est donc pas le même à 55 ans, avec un bébé, et à 80 ans, avec des petits-enfants adultes.

L’Insee note aussi que les petits-enfants connaissent plus souvent leurs grand-mères que leurs grands-pères, et leurs grands-parents maternels que paternels. Deux enfants sur dix naissent après la mort de leur grand-père paternel.

Que transmettre à ses petits-enfants ?

Avant tout un savoir-faire et une mémoire. C’est ce qui ressort de l’enquête qu’OpinionWay a menée en octobre 2013 pour l’École des Grands-Parents Européens (EGPE), une association qui accompagne les grands-parents. L’institut a interrogé 1 329 parents et grands-parents, issus d’un échantillon de 2 009 adultes, et 400 jeunes de 12 à 18 ans.

À la question « Pour chacune des propositions suivantes, dites si elle fait partie du rôle prioritaire des grands-parents envers leurs petits-enfants selon vous ? », les cinq premières réponses sont :

  • « Transmettre un savoir-faire aux petits-enfants » (95 % ont répondu oui).
  • « Leur raconter des souvenirs de leur vie, de la vie de famille » (95 % oui).
  • « Leur donner le goût de la lecture » (93 % oui).
  • « Organiser des sorties culturelles avec les petits-enfants » (91 % oui).
  • « Garder les petits-enfants pour dépanner les parents » (90 % oui).

À l’autre bout du classement, « leur transmettre des croyances religieuses, politiques » ne recueille que 41 % de oui : pour une majorité des personnes interrogées, ce terrain appartient aux parents.

Les valeurs que l’on attend des grands-parents

Interrogés sur les valeurs à transmettre en priorité (trois réponses possibles), parents et grands-parents citent d’abord le respect de l’autre (44 %), le sens de la famille (39 %) et l’honnêteté (38 %), devant la tolérance et le respect de l’autorité (21 % chacun).

Des idées simples pour transmettre

Transmettre ne demande ni programme ni matériel. Quelques pistes qui s’appuient sur ce que vous savez déjà faire :

  • La cuisine : une recette de famille faite à quatre mains vaut tous les récits. Nos recettes simples se prêtent bien à l’exercice.
  • Le travail des mains : jardinage, couture, bricolage, bouquet. Voyez nos activités manuelles et créatives.
  • La lecture : lire à voix haute, puis se faire lire. Nos idées de lecture peuvent se partager avec un adolescent.
  • La mémoire familiale : légender les photos, dessiner l’arbre généalogique, raconter votre premier métier ou votre école.

Garde des petits-enfants : quelle place pour les grands-parents ?

Les grands-parents sont le premier recours des parents en dehors des modes de garde officiels, mais rarement le mode de garde principal. Selon la Drees, environ deux tiers des enfants de moins de 6 ans sont gardés au moins de temps en temps par leurs grands-parents, et moins de 2 % le sont à titre principal en semaine.

Ces données viennent de l’enquête « Modes de garde et d’accueil des jeunes enfants » de 2013, analysée par la Drees en 2018 :

2 sur 3 enfants de moins de 6 ans gardés au moins de temps en temps par leurs grands-parents

21 % gardés au moins une fois par eux du lundi au vendredi

12 % gardés par eux le mercredi, pour 7 h 12 en moyenne

16,9 millions d’heures de garde assurées chaque semaine par les grands-parents

Source : Drees, Études et Résultats n° 1070, juin 2018 (enquête de 2013, enfants de moins de 6 ans, France métropolitaine).

Dépannage, vacances ou organisation régulière

Parmi les enfants que leurs grands-parents gardent au moins de temps en temps, 64 % le sont pendant les vacances ou les week-ends, 63 % en dépannage et 28 % seulement dans le cadre d’une organisation régulière. Autrement dit, les grands-parents complètent la crèche, l’assistante maternelle ou l’école bien plus qu’ils ne les remplacent.

Deux facteurs pèsent plus que les autres. Le premier est la distance : quand les grands-parents habitent à moins de trente minutes, la probabilité que l’enfant soit gardé par eux augmente de 34 points. Le second est le travail des mères, surtout lorsque leurs horaires sont décalés. L’étude relève enfin que les grands-parents maternels sont plus sollicités que les paternels (58 % des enfants contre 44 %), et les grand-mères davantage que les grands-pères.

Avant de dire oui à une garde régulière

Garder un enfant chaque mercredi ou chaque sortie d’école est un engagement sur plusieurs années. Avant de l’accepter, parlez-en clairement avec les parents :

  • Le rythme : quels jours, quelles heures, et que se passe-t-il pendant vos propres vacances ou rendez-vous médicaux ?
  • Les règles : repas, sieste, écrans, sucreries, devoirs. Demandez celles de la maison et dites celles de la vôtre.
  • La sécurité : les recommandations ont changé depuis que vous avez élevé vos enfants (couchage du nourrisson, siège auto, écrans). Le carnet de santé de l’enfant les résume ; les parents et le médecin de l’enfant sont les bons interlocuteurs.
  • Votre fatigue : vous avez le droit de dire qu’une journée entière avec un enfant de 2 ans vous épuise, et de proposer une demi-journée.
  • Les imprévus : qui appeler, où sont le carnet de santé et les numéros utiles. En cas d’urgence, le 15 ou le 112.

Comment profiter au mieux des moments avec ses petits-enfants ?

En étant disponible et en s’adaptant à leur âge, plus qu’en multipliant les activités. C’est aussi ce que répondent les intéressés.

Qu’apprécient les petits-enfants chez leurs grands-parents ?

Dans l’enquête OpinionWay, à la question « Qu’aimes-tu le plus chez les grands-parents ? », la première réponse des jeunes de 12 à 18 ans est « Ils ont du temps pour nous » (49 %), devant « Ils nous apprennent beaucoup de choses » (46 %) et « Ils nous font des cadeaux » (40 %). Le temps passe avant les cadeaux.

Les repères de Grand-Mercredi

Grand-Mercredi, un média consacré aux grands-parents, a publié en octobre 2024 le guide Mille et une idées pour être un grand-parent génial (éditions First). On y trouve des « commandements des grands-parents presque parfaits », parmi lesquels :

  • La disponibilité ;
  • Des ressources, toujours, pour ne jamais être à court d’idées ! Par exemple connaître la recette de la pâte à sel ;
  • L’adaptabilité, pour vivre dans l’air du temps ;
  • L’écoute et l’attention, pour chouchouter vos petits-enfants ;
  • L’instauration de rituels rien qu’avec vos petits-enfants ;
  • Le respect des règles de vos enfants.
Une petite fille, les mains et les bras tachés de peinture, peint au pinceau des formes en pâte à sel sur une table.

Selon l’âge des petits-enfants

Ce qui plaît à 4 ans ennuie à 14. Quelques repères pratiques :

Âge Ce qui fonctionne bien À prévoir
Avant 3 ans Comptines, promenade, jeux d’eau, histoires courtes Les consignes des parents sur le sommeil et les repas
De 3 à 6 ans Pâte à sel, cuisine, jardin, livres d’images Un rituel : le goûter, l’histoire du soir
De 7 à 11 ans Jeux de société, bricolage, musée, vélo Les laisser choisir une activité sur deux
De 12 à 18 ans Un film, un repas en tête-à-tête, une sortie à deux Des messages courts et réguliers plutôt que de longs appels

Pour les après-midi de pluie, piochez dans nos idées de films à voir ensemble. Et si vous cherchez une sortie à faire ensemble, regardez du côté des musées gratuits pour les seniors : vérifiez sur le site de chaque musée le tarif appliqué aux enfants.

Quelles limites poser, et comment respecter celles des parents ?

La règle la plus sûre tient en une phrase : chez les parents, ce sont leurs règles ; chez vous, ce sont les vôtres, dans le cadre qu’ils ont fixé. Les grands-parents peuvent être plus souples, pas contredire les parents devant l’enfant.

Cette souplesse fait d’ailleurs partie du rôle aux yeux des enfants : 65 % des 12-18 ans interrogés par OpinionWay disent que leurs grands-parents leur autorisent, toujours ou souvent, plus de choses que leurs parents. Elle devient un problème quand elle touche à ce que les parents jugent important.

Les sujets à clarifier avec les parents

  • L’éducation et la discipline : on ne revient pas sur une punition ou une interdiction décidée par les parents.
  • La santé et l’alimentation : allergies, traitements, régime. Suivez les consignes, même si vous faisiez autrement.
  • Les écrans et le téléphone : demandez la règle de la maison avant d’offrir une tablette ou d’allumer la télévision.
  • Les cadeaux et l’argent : prévenez les parents avant un cadeau coûteux ou une somme d’argent.
  • Les photos : demandez l’accord des parents avant de publier une photo d’un enfant sur un réseau social.
  • La religion et la politique : parlez de vos convictions si l’on vous interroge, sans chercher à convaincre.

Vos propres limites

Les limites valent dans les deux sens. Vous pouvez aimer vos petits-enfants et ne pas vouloir les garder toutes les vacances, avoir un emploi, des activités, une santé à ménager. Dire à l’avance ce que vous pouvez offrir (« un mercredi sur deux », « une semaine en juillet ») rend service à tout le monde : les parents s’organisent, et vous restez disponible avec plaisir.

Quand un désaccord s’installe, parlez-en aux parents seuls, sans les enfants, et à froid. Commencez par ce que vous avez observé, pas par un reproche. Si le dialogue est rompu, l’aide d’un tiers existe : voyez la partie sur vos droits, plus bas.

Grands-parents à distance : comment garder le lien ?

Par la régularité. La distance est le premier frein au temps passé ensemble : la Drees montre que les grands-parents qui habitent à plus de trente minutes gardent nettement moins souvent leurs petits-enfants, et rarement de façon régulière. Elle n’empêche pas un lien fort, à condition de lui donner des rendez-vous.

  • Un appel vidéo à jour fixe, court pour les petits (dix minutes suffisent), avec quelque chose à montrer : un dessin, le chat, le jardin. Si vous hésitez sur le matériel, notre comparatif des smartphones adaptés aux seniors peut vous aider.
  • Le courrier : une carte postale adressée à l’enfant, à son nom, reste un événement.
  • Un journal de famille alimenté par chacun : nous comparons les formules dans quel journal familial choisir.
  • Une histoire en feuilleton, lue au téléphone, un chapitre par semaine.
  • Les vacances scolaires : un séjour chez vous, sans les parents, dès que l’enfant et ses parents y sont prêts. Pour le trajet, la SNCF propose des services d’accompagnement et de bagages.

Partir à l’étranger avec ses petits-enfants

Un mineur qui sort de France sans l’un de ses parents doit avoir une autorisation de sortie du territoire (AST). Elle est signée par un parent titulaire de l’autorité parentale et accompagnée de la photocopie de sa pièce d’identité ; sa durée ne peut pas dépasser un an. Le formulaire se remplit sur service-public.fr, sans déplacement en mairie.

Quand les petits-enfants vivent loin, certains grands-parents retrouvent des échanges entre générations autrement, par exemple en louant une chambre à un étudiant : c’est le principe de la cohabitation intergénérationnelle. Cela ne remplace pas la famille, mais remet de la jeunesse dans la maison.

Familles recomposées et séparations : quelle place pour les grands-parents ?

Une place de stabilité. Quand un couple se sépare ou se reforme, la maison des grands-parents est souvent le lieu qui ne change pas. En France, 30 % des enfants mineurs vivent avec un seul de leurs parents, et 10 % vivent dans une famille recomposée, soit 1,4 million d’enfants en 2023.

Après une séparation

Le risque principal est de perdre le contact avec les enfants lorsqu’ils résident surtout chez l’autre parent. Quelques principes aident à l’éviter :

  • restez en dehors du conflit : pas de critique de l’autre parent devant l’enfant, quoi que vous en pensiez ;
  • gardez un lien direct et courtois avec votre ancien gendre ou votre ancienne belle-fille ;
  • proposez votre aide de façon pratique (un trajet, un mercredi), sans conditions ;
  • calez vos visites sur les périodes où l’enfant est chez votre fils ou votre fille : service-public.fr indique que le droit de visite des grands-parents peut s’exercer en même temps que celui de leur enfant, pour ne pas multiplier les déplacements.

Les petits-enfants « de cœur »

Dans une famille recomposée arrivent des enfants qui ne sont pas vos petits-enfants par le sang : ceux du nouveau conjoint de votre fils ou de votre fille. La loi ne donne aucun statut particulier au « beau-grand-parent ». La place se construit donc avec le temps, et au rythme de l’enfant, qui a déjà ses propres grands-parents.

Le plus simple est de traiter tous les enfants présents de la même façon pour ce qui se voit : la place à table, les activités, les petits cadeaux. Laissez l’enfant choisir comment il vous appelle.

Quels sont les droits des grands-parents ?

En droit français, c’est l’enfant qui a un droit : celui de garder des relations avec ses grands-parents. Seul son intérêt peut y faire obstacle. Les grands-parents peuvent s’en prévaloir devant le juge, mais ils n’ont pas de « droit sur » leurs petits-enfants.

« L’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants. Seul l’intérêt de l’enfant peut faire obstacle à l’exercice de ce droit. »

Code civil, article 371-4, premier alinéa

Ce droit vaut que les parents vivent ensemble ou séparément, et il concerne l’enfant mineur.

Visite, hébergement, correspondance

Service-public.fr décrit trois formes de relations :

  • un droit de visite et d’hébergement, par exemple un week-end par mois ou tous les deux mois ;
  • un simple droit de visite, par exemple un dimanche par mois ;
  • un droit de correspondance, par exemple un rendez-vous régulier par téléphone ou en visioconférence.

Dans la très grande majorité des familles, tout cela s’organise sans juge ni papier.

En cas de désaccord avec les parents

Les parents ont le droit et le devoir de surveiller les relations de leur enfant mineur, et peuvent les limiter dans son intérêt. Si le désaccord dure, deux étapes sont prévues :

  1. La médiation familiale. Un médiateur aide parents et grands-parents à trouver un accord, qu’il rédige. Le juge aux affaires familiales peut ensuite homologuer cet accord pour lui donner force exécutoire.
  2. Le juge aux affaires familiales. À défaut d’accord, les grands-parents saisissent par assignation le juge du tribunal judiciaire du lieu où habite l’enfant. L’avocat est obligatoire ; l’aide juridictionnelle peut être demandée selon les revenus.

Le juge statue en fonction de l’intérêt de l’enfant. Il peut l’entendre s’il est capable de discernement, autoriser les relations dans les conditions qu’il fixe, y compris en présence d’un tiers ou dans un lieu neutre, ou les refuser. Service-public.fr précise qu’un conflit, même ancien, entre parents et grands-parents ne justifie pas forcément un refus : il faut qu’il rejaillisse sur l’enfant ou nuise à son équilibre. La décision peut faire l’objet d’un appel dans un délai d’un mois.

Où trouver une écoute

L’École des Grands-Parents Européens tient la ligne « Allo Grands-Parents » au 01 45 44 34 93, le lundi, le mardi, le jeudi et le vendredi de 10 h à 15 h, hors vacances scolaires parisiennes. L’écoute est anonyme, confidentielle et sans contrepartie financière ; elle est assurée par des professionnels de la famille et ouverte aussi aux parents. L’association propose également des médiations entre générations, avec une participation de 30 € par partie et par entretien en octobre 2026.

Il arrive enfin que le lien se distende sans conflit, par l’éloignement ou le grand âge. Si la solitude pèse, des bénévoles peuvent vous rendre visite ou vous accompagner dehors : nous présentons ces solutions dans notre article sur Paris en Compagnie et les dispositifs contre l’isolement, et d’autres idées de rencontres dans la rubrique Vie sociale.

Questions fréquentes

Quel est le rôle des grands-parents auprès de leurs petits-enfants ?

Les grands-parents n’élèvent pas leurs petits-enfants : ce rôle revient aux parents. Ils apportent autre chose : du temps, la mémoire de la famille, des savoir-faire et un relais quand les parents en ont besoin. Dans l’enquête OpinionWay menée en 2013 pour l’École des Grands-Parents Européens, 95 % des parents et grands-parents jugent prioritaire de transmettre un savoir-faire et de raconter des souvenirs de famille.

Que transmettre à ses petits-enfants ?

D’après l’enquête OpinionWay de 2013, les rôles les plus cités sont transmettre un savoir-faire (95 %), raconter des souvenirs de famille (95 %), donner le goût de la lecture (93 %), organiser des sorties culturelles (91 %) et garder les enfants pour dépanner les parents (90 %). Côté valeurs, le respect de l’autre arrive en tête (44 %), devant le sens de la famille (39 %) et l’honnêteté (38 %).

Les grands-parents doivent-ils garder leurs petits-enfants ?

Rien ne les y oblige. Dans les faits, environ deux tiers des enfants de moins de 6 ans sont gardés au moins de temps en temps par leurs grands-parents, selon la Drees, surtout pendant les vacances, les week-ends ou en dépannage. Chacun fixe ce qu’il peut donner selon sa santé, son emploi du temps et la distance. Le dire tôt aux parents évite les malentendus.

Quels sont les droits des grands-parents sur leurs petits-enfants ?

La loi parle d’abord du droit de l’enfant : selon l’article 371-4 du Code civil, il a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants, et seul son intérêt peut y faire obstacle. Concrètement, ces relations prennent la forme de visites, de séjours ou d’échanges par téléphone. En cas de désaccord durable avec les parents, c’est le juge aux affaires familiales qui tranche.

Des parents peuvent-ils empêcher les grands-parents de voir leurs petits-enfants ?

Les parents surveillent les relations de leur enfant mineur et peuvent, dans son intérêt, les limiter. Mais un simple conflit entre adultes ne suffit pas forcément : selon service-public.fr, il faut que ce conflit rejaillisse sur l’enfant ou nuise à son équilibre. Les grands-parents peuvent proposer une médiation familiale, puis, à défaut d’accord, saisir le juge aux affaires familiales avec un avocat.

Comment rester proche de ses petits-enfants quand on habite loin ?

Par la régularité plus que par la durée : un appel vidéo à heure fixe, une carte postale, une histoire lue au téléphone, un journal de famille qui circule entre les foyers. Les séjours pendant les vacances scolaires prennent ensuite le relais. Le droit prévoit d’ailleurs ce « droit de correspondance », par exemple un rendez-vous régulier par téléphone ou en visioconférence.

Faut-il une autorisation pour partir à l’étranger avec ses petits-enfants ?

Oui. Un mineur qui quitte la France sans l’un de ses parents doit avoir une autorisation de sortie du territoire (AST), signée par un parent titulaire de l’autorité parentale, et la photocopie de la pièce d’identité de ce parent. Le formulaire se remplit en ligne sur service-public.fr, sans passage en mairie. L’enfant voyage aussi avec sa propre pièce d’identité ou son passeport, selon le pays.

Sources

  1. Insee, « 15 millions de grands-parents », Insee Première n° 1469, octobre 2013 — insee.fr (nouvel onglet)
  2. Drees, « Les grands-parents, un mode de garde régulier ou occasionnel pour deux tiers des jeunes enfants », Études et Résultats n° 1070, juin 2018 — drees.solidarites-sante.gouv.fr (nouvel onglet)
  3. OpinionWay pour l’École des Grands-Parents Européens, « Le rôle des grands-parents », novembre 2013 — opinion-way.com (nouvel onglet)
  4. Service-public.fr, « Séparation des parents, relations entre l’enfant et sa famille ou ses proches », vérifié le 22 juillet 2025 (nouvel onglet)
  5. Code civil, article 371-4 (chapitre « De l’autorité parentale relativement à la personne de l’enfant ») — legifrance.gouv.fr (nouvel onglet)
  6. Insee, « En 2023, trois enfants sur dix vivent avec un seul de leurs parents », Insee Première n° 2032, janvier 2025 — insee.fr (nouvel onglet)
  7. École des Grands-Parents Européens, ligne « Allo Grands-Parents » et médiation — egpe.org (nouvel onglet)

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