Guide complet
Tout savoir sur la cohabitation intergénérationnelle
Créée par la loi ELAN, la cohabitation intergénérationnelle solidaire permet à un senior de 60 ans et plus de louer une chambre de son logement à un jeune de moins de 30 ans, contre un loyer modeste et, s’ils en conviennent, de menus services.
Paul Schneider mis à jour le 23 min de lecture
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Suivre Colibree sur Google (nouvel onglet)L’essentiel en 30 secondes
- Une personne de 60 ans et plus loue ou sous-loue une partie de son logement à un jeune de moins de 30 ans, contre un loyer modeste et, s’ils en conviennent, de menus services.
- La loi ELAN du 23 novembre 2018 a créé un contrat à part, distinct du bail d’habitation : durée libre, préavis d’un mois pour chacun, et un senior locataire n’a qu’à informer son propriétaire.
- Les loyers sont exonérés d’impôt si le loyer annuel hors charges ne dépasse pas, en 2026, 215 € par m² en Île-de-France et 159 € par m² ailleurs (article 35 bis du CGI, prévu jusqu’au 31 décembre 2026).
- La chambre fait au moins 9 m², ferme, et donne accès à la cuisine et à la salle de bain ; le jeune peut rendre de petits services, jamais des soins ni le ménage de son hébergeur.
Qu’est-ce que la cohabitation intergénérationnelle ?
La cohabitation intergénérationnelle consiste, pour une personne de 60 ans et plus, à louer ou à sous-louer une partie de son logement à un jeune de moins de 30 ans, contre une contrepartie financière modeste et, si les deux le souhaitent, de menus services. Depuis la loi ELAN de 2018, elle porte un nom officiel, la « cohabitation intergénérationnelle solidaire », et dispose de son propre contrat.
Vous la croiserez sous d’autres noms : colocation intergénérationnelle, logement intergénérationnel, cohabitation solidaire, logement contre services. Dans l’usage courant, ces mots désignent la même chose. Seul « habitat intergénérationnel » renvoie à une autre réalité, expliquée plus bas.
Au quotidien, le principe est simple. Le jeune a sa chambre meublée, qui ferme. Il partage certaines pièces avec son hébergeur, le plus souvent la cuisine et la salle de bain. Chacun garde son rythme, ses horaires et sa vie privée. Ce qui se partage en plus (un dîner par semaine, les courses du samedi, un coup de main avec la tablette) se décide à deux, avant l’emménagement, et s’écrit dans le contrat.
Les deux grandes formules
Les pouvoirs publics distinguent deux façons de cohabiter. La frontière entre elles n’est pas étanche : beaucoup de duos se situent entre les deux.
Un loyer modeste
Le jeune verse chaque mois une participation financière, nettement inférieure à un loyer de marché. Il partage des moments avec son hébergeur et peut rendre quelques services ponctuels, sans engagement d’horaires.
Une présence et de menus services
Le logement est mis à disposition sans loyer, ou contre une simple participation aux charges. En échange, le jeune s’engage sur une présence régulière, souvent le soir et la nuit, et sur de menus services convenus à l’avance.
Le choix dépend de ce que chacun attend : un complément de revenu, une présence rassurante, un budget serré, du temps libre. Notre guide vivre chez une personne âgée, ou vivre chez elle et l’aider compare ces deux formules point par point.
Une pratique plus ancienne que la loi
En France, des associations organisent ces cohabitations depuis 2004, bien avant qu’un texte ne les encadre. Pendant quatorze ans, elles ont fonctionné avec des conventions et des chartes maison, au risque de voir le contrat requalifié en bail ou en contrat de travail. La loi ELAN a levé ce risque en 2018. Pour le récit complet, lisez l’histoire de la colocation intergénérationnelle.
Quelle différence entre une colocation classique et la cohabitation intergénérationnelle ?
En colocation, plusieurs locataires partagent un logement loué à un propriétaire qui n’y habite pas, avec un bail soumis à la loi du 6 juillet 1989. En cohabitation intergénérationnelle, le jeune vit chez l’habitant : un senior qui occupe son logement lui en loue une partie, avec un contrat à part, un loyer modeste et un préavis d’un mois. La première formule est avant tout un partage de loyer ; la seconde ajoute un écart d’âge voulu, une présence et un esprit d’entraide.
| Cohabitation intergénérationnelle solidaire | Colocation classique | Chambre chez l’habitant, hors dispositif | Habitat intergénérationnel | |
|---|---|---|---|---|
| Qui vit avec qui ? | Un jeune de moins de 30 ans chez une personne de 60 ans et plus | Des colocataires, sans condition d’âge | Un locataire chez un occupant, sans condition d’âge | Des voisins de tous âges, chacun dans son logement |
| Contrat | Contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire | Bail d’habitation, unique ou individuel | Bail meublé, le plus souvent | Bail d’habitation classique |
| Loyer | Modeste, fixé librement | Prix du marché, partagé | Prix du marché | Selon le parc, social ou privé |
| Préavis | Un mois pour chacun | Fixé par la loi de 1989 | Fixé par la loi de 1989 | Fixé par la loi de 1989 |
| Services | De menus services possibles, écrits au contrat | Aucun | Aucun | Des animations communes |
Colocation intergénérationnelle ou cohabitation : une nuance de vocabulaire
On dit souvent « colocation intergénérationnelle », et le mot est plus recherché que « cohabitation ». Juridiquement, pourtant, ce n’est pas une colocation : le senior et le jeune ne sont pas deux locataires d’un même bailleur. L’un héberge, l’autre est hébergé. C’est cette situation que la loi appelle cohabitation.
Cohabitation intergénérationnelle et chambre chez l’habitant
La cohabitation intergénérationnelle est une forme particulière de chambre chez l’habitant. Quand l’hébergeur a moins de 60 ans, ou le locataire plus de 30 ans, le contrat de cohabitation solidaire ne s’applique pas : on signe un autre contrat, le plus souvent un bail meublé. La page chambre chez l’habitant présente ces cas, et notre guide du logement chez l’habitant compare les sites d’annonces et les formules.
Cohabitation intergénérationnelle et logement contre services
Le « logement contre services » décrit l’échange lui-même : un loyer plus doux, et quelques services rendus. La cohabitation intergénérationnelle solidaire lui donne son cadre légal le plus clair, avec des limites précises sur ce qui peut être demandé. Tout est détaillé sur la page logement contre services.
Logement intergénérationnel, habitat intergénérationnel, habitat partagé
L’habitat intergénérationnel est autre chose : un immeuble ou une résidence où des personnes âgées, des jeunes et des familles ont chacun leur propre logement, avec des espaces communs (salle partagée, jardin, buanderie) et des animations. On y est voisins, pas cohabitants, et chacun signe un bail ordinaire. L’habitat partagé, lui, regroupe plus largement toutes les façons de vivre à plusieurs : colocations de seniors, habitats inclusifs, cohabitations entre générations.
À titre d’exemple, Paul, l’un des trois cofondateurs de ColombAge, revient sur son expérience de cohabitation intergénérationnelle à travers un court reportage dans l’émission En quête d’esprit sur CNEWS.
Reportage « En quête d’esprit » CNEWS · voir le reportage sur YouTube (nouvel onglet)Loi ELAN, calcul du loyer, impôts, contrat de bail : quel encadrement juridique ?
La cohabitation intergénérationnelle solidaire est encadrée par l’article 117 de la loi ELAN (loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018). Ce texte a inscrit le dispositif dans le Code de l’action sociale et des familles (article L118-1) et créé un contrat à part dans le Code de la construction et de l’habitation (articles L631-17 à L631-19). Une charte nationale, fixée par un arrêté du 13 janvier 2020, complète l’ensemble.
« La cohabitation intergénérationnelle solidaire permet à des personnes de soixante ans et plus de louer ou de sous-louer à des personnes de moins de trente ans une partie du logement dont elles sont propriétaires ou locataires dans le respect des conditions fixées par le contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire prévu à l’article L. 631-17 du code de la construction et de l’habitation, afin de renforcer le lien social et de faciliter l’accès à un logement pour les personnes de moins de trente ans. »
Le contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire : ce qu’il contient
Ce contrat n’est pas un bail d’habitation : la loi du 6 juillet 1989 ne s’y applique pas, et il relève des règles générales du Code civil. La loi impose peu de choses : une contrepartie financière modeste, une durée et un montant librement convenus, un préavis d’un mois. Le reste se décide entre vous, d’où l’intérêt d’un contrat écrit et complet. L’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL) recommande d’y faire figurer :
- les pièces réservées au jeune, avec leur surface ;
- les pièces partagées (séjour, cuisine, salle de bain, cave, garage) ;
- la date de début et la durée du contrat ;
- le montant de la contrepartie financière, et ce qu’elle comprend en charges ;
- les menus services convenus, s’il y en a, et leur organisation ;
- les obligations de chacun ;
- la manière de mettre fin au contrat.
Un état des lieux à l’arrivée, annexé au contrat, est lui aussi recommandé : il évite les discussions au départ.
Durée, préavis d’un mois et fin du contrat
La durée est libre. Elle suit le plus souvent l’année universitaire, un stage ou une mission, et peut être prolongée si les deux le veulent. Quand l’un des deux décide d’arrêter, le préavis est d’un mois, pour le senior comme pour le jeune.
Menus services : ce que la loi permet
Le contrat peut prévoir, en plus du loyer, de menus services rendus par le jeune. La loi pose trois limites : ils sont rendus sans but lucratif pour l’un comme pour l’autre, sans lien de subordination, et ne relèvent pas du Code du travail. La charte nationale ajoute qu’ils ne doivent pas ressembler à une prestation régulière, de celles qu’assure un salarié à domicile ou un service d’aide.
En clair : quelques courses, une présence le soir, un coup de main avec l’ordinateur, oui. La toilette, les soins, la prise de médicaments, une garde de nuit ou le ménage de l’hébergeur, non. Le jeune ne remplace jamais une aide à domicile. Notre guide sur les services qu’un étudiant peut proposer à un senior donne des exemples précis.
Senior locataire ou en logement social : informer suffit
Un senior locataire peut accueillir un jeune. Il informe son bailleur avant de sous-louer, et celui-ci ne peut pas s’y opposer. C’est une dérogation : pour une sous-location ordinaire, l’autorisation du propriétaire est indispensable. Service-Public.fr conseille d’envoyer cette information par lettre recommandée avec accusé de réception.
La règle vaut aussi dans le parc social. Dans ce cas, la somme demandée au jeune n’est pas libre : elle se calcule au prorata du loyer et des charges, selon la surface du logement. Le senior locataire qui perçoit une aide au logement peut continuer à en bénéficier s’il en remplit toujours les conditions.
La charte de la cohabitation intergénérationnelle solidaire
L’arrêté du 13 janvier 2020 a fixé une charte nationale. Elle rappelle l’esprit du dispositif (entraide, respect de la vie privée, présence bienveillante) et engage les structures qui accompagnent les duos : s’assurer que la chambre est en bon état, sans risque pour la santé ni la sécurité, et travailler avec les acteurs sociaux du territoire. Colibree la complète par sa propre charte de la cohabitation, acceptée par l’hébergeur et par le jeune. Côté jeune, le détail figure dans notre guide sur les règles à suivre en cohabitation intergénérationnelle.
Impôts : l’exonération de l’article 35 bis et son plafond au m²
Les loyers perçus sont exonérés d’impôt sur le revenu si trois conditions sont réunies :
- Pour l’hébergeur : la chambre, louée meublée, fait partie de sa résidence principale.
- Pour le jeune : la chambre est sa résidence principale. C’est le cas d’un étudiant ou d’un apprenti pour le lieu où il vit pendant l’année ; un salarié saisonnier peut y avoir sa résidence temporaire.
- Pour le loyer : le loyer annuel, hors charges, ne dépasse pas un plafond au m² publié chaque année par l’administration fiscale. En 2026 : 215 € par m² en Île-de-France et 159 € par m² dans les autres régions (213 € et 157 € en 2025).
| Surface de la chambre | Île-de-France (215 € par m²) | Autres régions (159 € par m²) |
|---|---|---|
| 9 m² | 1 935 € par an, soit 161,25 € par mois | 1 431 € par an, soit 119,25 € par mois |
| 12 m² | 2 580 € par an, soit 215 € par mois | 1 908 € par an, soit 159 € par mois |
| 15 m² | 3 225 € par an, soit 268,75 € par mois | 2 385 € par an, soit 198,75 € par mois |
Tours n’est pas en Île-de-France : le plafond 2026 est de 159 € par m² et par an, hors charges.
| Surface de la chambre | 12 m² |
|---|---|
| Plafond annuel | 12 × 159 € = 1 908 € |
| Loyer mensuel maximal exonéré | 1 908 € ÷ 12 = 159 € hors charges |
Jusqu’à 159 € par mois hors charges, les loyers de l’année sont exonérés. À 300 € par mois, ce sont les 3 600 € de l’année qui deviennent imposables, et pas seulement le dépassement.
Retenez trois choses. D’abord, l’exonération fonctionne en tout ou rien : au-dessus du plafond, la totalité des loyers est imposée, comme des revenus de location meublée (bénéfices industriels et commerciaux). Ensuite, dans les grandes villes, un loyer même inférieur au marché dépasse souvent ce plafond : c’est un choix à faire en connaissance de cause, entre un loyer plus bas et exonéré, ou plus élevé et déclaré. Enfin, le dispositif est prévu, à ce jour, pour les locations réalisées jusqu’au 31 décembre 2026 ; il a déjà été prolongé, et la suite dépend d’une prochaine loi de finances. En cas de doute sur votre situation, interrogez votre service des impôts.
Quel est le prix d’une cohabitation intergénérationnelle ?
Il n’existe pas de tarif national. La loi parle d’une « contrepartie financière modeste », librement convenue entre le senior et le jeune. Selon la formule, elle va d’une simple participation aux charges, quand le jeune s’engage sur une présence régulière, à un loyer nettement inférieur à celui du marché. Avec Colibree, les loyers sont en moyenne 30 % sous le marché, à surface égale.
Comment se calcule le loyer ?
Le loyer est proposé par l’hébergeur, puis relu par l’organisme qui accompagne la cohabitation. Il dépend de la ville et du quartier, de la surface de la chambre, des pièces partagées, du confort (salle d’eau privée, bureau, Wi-Fi), de ce qu’il comprend en charges et de la formule choisie. Les menus services ne se monnayent pas : ils ne remplacent pas le loyer et n’ont pas de barème.
Quand le senior est lui-même locataire, et toujours dans le parc social, le calcul part de son propre loyer, au prorata de la surface.
Un senior locataire d’un appartement de 50 m² accueille un étudiant. On compte la chambre du jeune et la moitié des pièces de vie commune.
| Surface de l’appartement | 50 m², 500 € de loyer hors charges |
|---|---|
| Pièces de vie commune | 30 m² (dont salle de bain et WC) |
| Chambre privative de l’étudiant | 10 m² |
| Votre chambre | 10 m², réservée, non partagée avec l’étudiant |
Le jeune dispose de 25 m² (10 m² + 30 m² ÷ 2), soit la moitié du logement : sa part est de 250 € hors charges.
Ce calcul sert à trouver une part équitable. Il ne dit rien de l’impôt : le plafond d’exonération, lui, se compte sur la surface louée (voir plus haut). Pour une première estimation selon votre ville et votre chambre, utilisez le simulateur de loyer.
Ce que paie le jeune, et les aides au logement
Le budget du jeune tient en trois lignes : le loyer, les charges (eau, électricité, chauffage, internet, comprises ou non selon l’annonce) et les frais de la structure. Dans les associations, ce sont en général une cotisation et des frais de dossier ou de suivi. Chez Colibree, les frais sont partagés entre l’hébergeur et le locataire, et affichés avant tout engagement.
Une aide au logement de la CAF est possible. Un logement sous-loué y ouvre droit comme un autre, à condition d’être décent et d’offrir au moins 9 m² pour une personne seule. Le montant dépend des ressources, du loyer et du logement : seule la CAF décide, et le plus sûr est de faire une simulation sur caf.fr avec le loyer de l’annonce. La page budget et APL explique la démarche, et notre guide prix et budget de la cohabitation intergénérationnelle détaille les postes de dépense.
Qui peut bénéficier de la cohabitation intergénérationnelle ?
Pour les personnes âgées
Toute personne de 60 ans et plus, propriétaire ou locataire, dans le parc privé comme dans le parc social. Le logement doit offrir une chambre d’au moins 9 m² qui ferme, avec un accès à la cuisine et à la salle de bain. Le locataire informe son bailleur, comme expliqué plus haut.
Pour les jeunes
Toute personne de moins de 30 ans : étudiant, apprenti, alternant, stagiaire, jeune actif. Il n’y a ni condition de diplôme ni condition de ressources. Ce qui compte, c’est l’envie de vivre chez quelqu’un, et le temps que le jeune peut réellement consacrer à ce qu’il promet.
Hors de ces âges, rien n’interdit de louer une chambre chez soi, mais avec un autre contrat. Colibree prépare celui qui correspond à la situation, parmi cinq contrats possibles.
Assurance en colocation intergénérationnelle : qui assure quoi ?
L’hébergeur garde son assurance habitation et écrit à son assureur pour lui signaler qu’il accueille un jeune chez lui. L’assureur adapte le contrat si besoin.
Le jeune souscrit de son côté une assurance habitation à son nom, pour sa chambre et ses affaires, avec une responsabilité civile. Colibree la lui demande juste après la signature du contrat.
Quels documents pour rédiger le contrat ?
- Un justificatif d’identité pour chacun : carte d’identité, passeport ou titre de séjour.
- Un justificatif de situation pour le jeune : certificat de scolarité, contrat d’apprentissage ou de travail, convention de stage.
- Un RIB : pour prélever le loyer du jeune et le reverser sur le compte de l’hébergeur.
- L’attestation d’assurance habitation du jeune, une fois le contrat signé.
- Pour un senior locataire : la copie du courrier d’information envoyé au bailleur.
Comment mettre en place une cohabitation intergénérationnelle ?
Une cohabitation se prépare en sept étapes, de la réflexion à l’emménagement. Le délai dépend surtout du temps qu’il faut pour trouver la bonne personne : pour une rentrée de septembre, mieux vaut s’y prendre dès le printemps.
- Vérifier que le logement s’y prête. Une chambre d’au moins 9 m² qui ferme, meublée, avec un accès à la cuisine et à la salle de bain.
- Clarifier ses attentes. Un revenu, une présence, des services ? Quels horaires, quelles règles pour les invités, les repas, les animaux ? Plus c’est clair au départ, mieux la suite se passe.
- Choisir un organisme. Il vérifie les profils, propose le contrat et reste présent ensuite (voir la dernière partie de ce guide).
- Prévenir qui doit l’être. Le bailleur si vous êtes locataire, votre assureur dans tous les cas. Parlez-en aussi à vos proches : la page pour les proches répond à leurs questions.
- Se rencontrer. Une visite, sans engagement, pour parler habitudes, attentes et règles de vie. Personne n’est obligé de dire oui.
- Signer le contrat et la charte. Avec la liste des pièces, le loyer, les services convenus et le préavis.
- Faire l’état des lieux et remettre les clés. Ensemble, le jour de l’arrivée.
Avec Colibree, le parcours suit ces étapes. L’équipe relit chaque annonce et appelle l’hébergeur. Les jeunes sont vérifiés : identité, justificatif de situation, entretien avec l’équipe. Le contrat est signé en ligne par les deux. Le jeune paie ensuite son loyer à Colibree, qui le reverse à l’hébergeur le 15 de chaque mois et relance en cas de retard. Le détail est sur la page comment ça marche, et nos engagements sur la page nos garanties.
Deux guides vont plus loin, chacun de son côté : le mode d’emploi pour une personne âgée et le mode d’emploi pour un étudiant.
Les erreurs à éviter
- Ne rien écrire. Un accord oral sur les services ou les horaires finit presque toujours en malentendu.
- Confondre services et emploi. Des tâches régulières, à heures fixes, indispensables au senior : ce n’est plus de la cohabitation.
- Fixer le loyer sans regarder le plafond fiscal. Quelques euros de trop peuvent rendre toute l’année imposable.
- Choisir sur dossier. La rencontre compte plus que le parcours scolaire.
- Attendre que la gêne s’installe. Un désaccord se règle tôt, à deux, puis avec l’organisme.
Les avantages de la cohabitation intergénérationnelle pour les personnes âgées
Pour une personne âgée, la cohabitation apporte d’abord une présence à la maison, puis un complément de revenu et de petits coups de main. Elle aide à rester chez soi plus longtemps, sans rien changer à son logement.
- Une présence rassurante : quelqu’un rentre le soir, remarque si quelque chose ne va pas, peut prévenir la famille ou les secours. Les proches, souvent loin, sont plus tranquilles.
- Des services au quotidien : relever le courrier, porter un pack d’eau, régler la télévision, expliquer une démarche en ligne. Côté tâches ménagères, le jeune entretient son propre espace et ce qu’il utilise ; il n’a pas à faire le ménage de son hébergeur.
- Un complément de revenu : le loyer est plus modéré qu’en location classique, mais il aide à payer les charges d’un logement devenu grand. Il peut être exonéré d’impôt sous le plafond au m².
- Un échange de connaissances : des recettes contre des astuces de téléphone, des souvenirs contre des nouvelles du monde étudiant. Chacun apprend de l’autre.
- Moins de solitude : des repas partagés, une conversation en rentrant, une maison qui revit.
Notre guide sur les avantages de la cohabitation pour les retraités et les seniors reprend chacun de ces points, exemples à l’appui.
Les limites à connaître avant d’accueillir un jeune
La formule ne convient pas à tout le monde, et mieux vaut le savoir avant.
- Vous partagez votre logement. La cuisine, la salle de bain, parfois le salon : il faut accepter une autre présence, d’autres horaires, d’autres habitudes.
- Le jeune a sa vie. Cours, travail, amis, week-ends chez ses parents : il n’est pas là en permanence, et rarement pendant les vacances.
- Ce n’est pas une aide à domicile. Si vous avez besoin d’aide pour la toilette, les repas de tous les jours ou les médicaments, il faut un professionnel, en plus de la cohabitation ou à sa place.
- Le loyer reste modeste. Si votre but est d’abord de tirer le meilleur revenu de la chambre, une location classique rapporte plus.
- Les duos changent. Un étudiant reste souvent une année : il faut être prêt à recommencer avec quelqu’un d’autre.
Ces craintes sont normales. Des hébergeurs les racontent dans loger un étudiant chez soi : avis et expériences et sur notre page de témoignages.
Des règles de vie posées dès le départ
Une charte de cohabitation fixe des règles claires entre les deux cohabitants : les règles de vie, le rôle de chacun, la liste des services convenus. En voici quelques principes :
Discrétion
Respecter l’intimité de chacun, ne pas pénétrer dans une pièce privée sans y avoir été invité par son occupant, excepté en cas d’urgence ou de danger.
Respect et convivialité
Se saluer lorsque l’on se croise dans l’appartement, même les mauvais jours. Considérer l’autre comme son invité ou son hôte.
Civisme
N’introduire dans le lieu d’habitation aucune substance ou objet illicite.
Savoir-vivre
Ne pas provoquer de nuisance sonore. Ranger ce que l’on dérange. Nettoyer ce que l’on utilise. Ne pas prendre ou utiliser les biens d’autrui (provisions, téléphone, etc.) sans son accord. Prévenir si l’on s’absente plusieurs jours.
Solidarité
Proposer de rendre service si l’un des occupants semble momentanément en difficulté.
Vous avez une chambre libre ? La page proposer une chambre explique comment déposer votre annonce, en ligne ou par téléphone avec la ligne seniors.
Colocation intergénérationnelle : quels avantages et quels inconvénients pour le jeune ?
Pour un jeune, le premier avantage est le budget : un loyer inférieur au marché, dans un logement meublé et équipé. Le principal inconvénient est le revers de la même médaille : on vit chez quelqu’un, avec ses règles.
Ce que le jeune y gagne
- Un loyer plus bas, sans meubles à acheter ni abonnements à ouvrir.
- Un logement calme, souvent bien situé, propice aux études ou à un premier emploi.
- Un contrat souple : une durée calée sur l’année d’études ou le stage, un mois de préavis pour partir.
- Une présence, quand on arrive dans une ville où l’on ne connaît personne.
- Une expérience qui compte, humainement et sur un CV.
Pour aller plus loin : les avantages de la cohabitation pour les étudiants et les jeunes actifs et dix raisons de se loger chez une personne âgée.
Les inconvénients de la colocation intergénérationnelle
- Moins d’indépendance qu’en studio : des horaires à respecter, du bruit à éviter, une cuisine partagée.
- Des invités et des soirées limités, selon ce qui a été convenu.
- Des engagements à tenir : si vous avez promis une présence certains soirs, elle compte pour votre hébergeur.
- Un contrat moins protecteur qu’un bail classique : l’hébergeur peut lui aussi y mettre fin avec un mois de préavis.
- Un écart de génération, avec des habitudes parfois très différentes des vôtres.
Si vous cherchez avant tout la liberté de recevoir et de sortir sans prévenir, une colocation entre jeunes ou un studio vous conviendra mieux. Si vous cherchez du calme, un budget tenu et une vraie rencontre, la formule vaut d’être essayée.
Des étudiants racontent leur quotidien dans le logement chez l’habitant vu par les étudiants, et nos bonnes pratiques pour bien vivre la cohabitation aident à partir du bon pied. Pour chercher, la page trouver une chambre décrit le parcours, et le catalogue des chambres liste les annonces disponibles.
La cohabitation intergénérationnelle comme solution à la solitude des personnes âgées
Vivre seul n’est pas toujours être isolé, mais l’un prépare souvent l’autre. En France, d’après le recensement de l’Insee, 29,3 % des personnes de 65 à 79 ans vivent seules dans leur logement en 2023, et 48,4 % des 80 ans et plus. Les femmes sont les plus concernées : 36,1 % d’entre elles entre 65 et 79 ans, contre 21,4 % des hommes, et 61,3 % après 80 ans.
Le baromètre 2025 des Petits Frères des Pauvres, publié le 30 septembre 2025, mesure l’isolement lui-même. Il compte 750 000 personnes âgées en situation de « mort sociale », c’est-à-dire sans presque aucun contact avec leur famille, leurs amis, leurs voisins ou une association. C’est 42 % de plus qu’en 2021. Deux millions de personnes âgées sont isolées de leur famille et de leurs amis.
29,3 % des 65-79 ans vivent seuls dans leur logement (Insee, 2023)
48,4 % des 80 ans et plus vivent seuls (Insee, 2023)
750 000 personnes âgées en situation de « mort sociale » en 2025
2 millions de personnes âgées isolées de leur famille et de leurs amis
Selon l’association, les personnes de 80 ans et plus et les personnes âgées pauvres sont les plus exposées, et le nombre de personnes en « mort sociale » pourrait atteindre un million en 2030 si rien ne change.
Ce qui pèse le plus, dans cette solitude, c’est le manque de relations de qualité : quelqu’un à qui parler vraiment.
« La solitude, c’est pénible, c’est mortifère. Un chat, c’est bien gentil, mais on ne peut pas avoir des discussions très profondes non plus. »
La cohabitation intergénérationnelle répond à une partie du problème. Elle remet une présence dans la maison, des échanges quotidiens, parfois une amitié qui dure après le départ du jeune. Elle ne suffit pas à tout : elle suppose une chambre libre et l’envie d’accueillir, et ne remplace ni la famille, ni les voisins, ni les visites des associations. Pour une personne déjà très isolée, c’est souvent un proche qui fait le premier pas.
Quels sont les organismes qui peuvent encadrer la cohabitation intergénérationnelle ?
Des associations, des réseaux et des entreprises de l’économie sociale et solidaire accompagnent les cohabitations. Passer par l’un d’eux n’est pas obligatoire, mais c’est ce qui sécurise la rencontre, le contrat et la suite.
Un organisme apporte en général :
- La vérification des profils : identité, situation, entretien avec le jeune, visite ou description du logement.
- Le contrat : un contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire conforme à la loi ELAN, et une charte.
- Le suivi : un interlocuteur pendant toute la cohabitation, et une médiation si un désaccord apparaît.
- Selon les structures, la gestion du loyer : encaissement, reversement, relance en cas de retard.
Tous n’offrent pas les mêmes services, ni aux mêmes conditions. Voici les principaux.
| Organisme | Nature | Où ? | Repères |
|---|---|---|---|
| Colibree | Service de cohabitation de ColombAge, entreprise de l’économie sociale et solidaire créée en 2023 | Paris et plusieurs grandes villes | Plus de 400 seniors accompagnés, 100 cohabitations en cours ; loyer encaissé et reversé le 15 du mois ; frais partagés entre hébergeur et locataire |
| Cohabilis | Réseau national d’associations et de structures locales | Toute la France et l’outre-mer | 70 structures membres ; annuaire en ligne pour trouver celle de votre territoire |
| Ensemble2générations | Association créée en 2006 | 33 associations locales | Deux formules, selon la présence du jeune ; 8 000 cohabitations créées selon l’association |
| Le Pari Solidaire | Association pionnière, créée en 2004, rattachée à Groupe SOS Seniors depuis 2011 | Paris et Île-de-France | Plus de 5 000 cohabitations accompagnées selon l’association |
| 1 toit 2 générations | Dispositif porté par des structures d’information jeunesse | Bretagne | Mise en relation locale de jeunes et d’hébergeurs |
Les chiffres de ce tableau sont ceux que chaque organisme publie sur son site, relevés en octobre 2026. Pour connaître les structures proches de chez vous, vous pouvez aussi interroger votre mairie ou votre centre communal d’action sociale, votre bailleur social, ou, pour les jeunes, le comité local pour le logement autonome des jeunes (CLLAJ).
Comment choisir son organisme ?
Posez à chacun les mêmes questions, et comparez les réponses :
- Comment vérifiez-vous les jeunes et les logements ?
- Quel contrat faites-vous signer, et qui le rédige ?
- Combien coûtent vos services, pour le senior et pour le jeune, et à quel moment ?
- Qui encaisse le loyer, et que se passe-t-il en cas de retard ?
- Qui appeler en cas de difficulté, et sous quel délai répondez-vous ?
- Que se passe-t-il si la cohabitation s’arrête en cours d’année ?
Colibree répond par écrit sous 48 h ouvrées. Les réponses aux questions les plus courantes sont réunies dans notre foire aux questions.
Dans quelles villes trouver une cohabitation intergénérationnelle ?
L’offre suit la carte des études supérieures : là où les loyers sont élevés et les étudiants nombreux, les chambres chez des seniors sont les plus recherchées. Le loyer varie fortement d’une ville à l’autre, et le plafond fiscal n’est pas le même en Île-de-France et ailleurs. Nos pages locales donnent les repères ville par ville, par exemple pour la cohabitation intergénérationnelle à Paris ou la cohabitation intergénérationnelle à Lyon.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre colocation et cohabitation intergénérationnelle ?
En colocation, plusieurs locataires partagent un logement loué à un propriétaire qui n’y vit pas, avec un bail soumis à la loi du 6 juillet 1989. En cohabitation intergénérationnelle solidaire, un jeune de moins de 30 ans vit chez une personne de 60 ans et plus, qui lui loue une chambre de sa résidence. Le contrat est particulier : loyer modeste, durée fixée librement, préavis d’un mois pour chacun, et de menus services possibles.
Que dit la loi ELAN sur la cohabitation intergénérationnelle ?
L’article 117 de la loi ELAN du 23 novembre 2018 a créé la cohabitation intergénérationnelle solidaire et son contrat (articles L631-17 à L631-19 du Code de la construction et de l’habitation). Il fixe les âges (60 ans et plus, moins de 30 ans), une contrepartie financière modeste, une durée librement convenue et un préavis d’un mois. Le senior locataire informe son bailleur, qui ne peut pas s’y opposer. Une charte nationale, fixée par l’arrêté du 13 janvier 2020, complète ce cadre.
Quel est le prix d’une cohabitation intergénérationnelle ?
Il n’y a pas de tarif national : la loi demande une contrepartie financière modeste, fixée librement par le senior et le jeune. Selon la formule, elle va d’une simple participation aux charges, quand le jeune s’engage sur une présence régulière, à un loyer nettement inférieur au marché. Avec Colibree, les loyers sont en moyenne 30 % sous le marché à surface égale. S’y ajoutent les frais de la structure qui accompagne la cohabitation.
Les loyers d’une cohabitation intergénérationnelle sont-ils imposables ?
Ils sont exonérés d’impôt sur le revenu si la chambre est meublée, fait partie de la résidence principale de l’hébergeur, sert de résidence principale au jeune et si le loyer annuel hors charges ne dépasse pas un plafond au m² : 215 € en Île-de-France et 159 € ailleurs en 2026. Au-dessus, tout le loyer devient imposable. Ce régime de l’article 35 bis du Code général des impôts est prévu jusqu’au 31 décembre 2026.
Quels sont les inconvénients de la colocation intergénérationnelle ?
Pour le jeune, c’est vivre chez quelqu’un : des règles de maison, des invités et des soirées limités, moins d’indépendance qu’en studio. Pour le senior, c’est partager sa cuisine et sa salle de bain, s’adapter à un autre rythme et accepter un loyer inférieur au marché. Le contrat n’offre pas les protections d’un bail classique : chacun peut y mettre fin avec un mois de préavis. Enfin, le jeune ne remplace jamais une aide à domicile.
Quelle assurance pour une colocation intergénérationnelle ?
Le senior garde son assurance habitation et prévient son assureur, par courrier, qu’il accueille un jeune dans son logement : le contrat est adapté si besoin. Le jeune souscrit de son côté une assurance habitation à son nom, avec une responsabilité civile, pour sa chambre et ses affaires. Avec Colibree, l’attestation lui est demandée juste après la signature du contrat de cohabitation.
Un senior locataire, y compris en logement social, peut-il accueillir un jeune ?
Oui. La loi prévoit que la personne de 60 ans et plus, locataire de son logement, informe son bailleur avant de sous-louer une chambre à un jeune de moins de 30 ans en cohabitation intergénérationnelle solidaire : le bailleur ne peut pas s’y opposer. Un courrier recommandé avec accusé de réception est conseillé. Dans le parc social, la somme demandée au jeune se calcule au prorata du loyer et des charges, selon la surface.
Sources
- Code de la construction et de l’habitation, article L631-17 (contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire) — Légifrance (nouvel onglet)
- Partager son logement : la cohabitation intergénérationnelle solidaire — portail national Pour les personnes âgées (nouvel onglet)
- Un locataire peut-il sous-louer son logement ? — Service-Public.fr (nouvel onglet)
- Code général des impôts, article 35 bis — Légifrance (nouvel onglet)
- Location meublée, exonération de l’article 35 bis : plafonds de loyer 2026 (BOI-BIC-CHAMP-40-20) — BOFiP (nouvel onglet)
- La cohabitation intergénérationnelle solidaire, fiche de présentation — ANIL et Cohabilis (nouvel onglet)
- Aides personnelles au logement, questions fréquentes — CAF (nouvel onglet)
- Personnes vivant seules dans leur logement selon l’âge et le sexe, données 2023 — Insee (nouvel onglet)
- Baromètre « Solitude et isolement, quand on a plus de 60 ans en France en 2025 » — Petits Frères des Pauvres (nouvel onglet)
- L’habitat intergénérationnel — portail national Pour les personnes âgées (nouvel onglet)
Publié le · mis à jour le
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