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Histoire de la colocation intergénérationnelle : depuis quand existe-t-elle ?

La colocation intergénérationnelle organisée est née aux États-Unis en 1972, a gagné l’Espagne en 1991 et la France en 2004, avant d’entrer dans la loi en 2018. Voici son histoire datée et sourcée : les précurseurs, les associations pionnières, le cadre légal, les chiffres d’aujourd’hui et une frise chronologique.

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Un jeune homme à lunettes, sac sur le dos, est assis à califourchon sur un tyrannosaure dans une clairière.

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L’essentiel en 30 secondes

  • Les premiers programmes organisés datent de 1972 aux États-Unis, de 1991 en Espagne (Grenade) et de 1993 au Royaume-Uni (Londres), selon Homeshare International.
  • En France, tout commence après la canicule d’août 2003 : Le Pari Solidaire, première association, est créé à Paris en 2004.
  • La loi ELAN du 23 novembre 2018 (article 117) crée la « cohabitation intergénérationnelle solidaire » ; sa charte nationale est fixée par l’arrêté du 13 janvier 2020.
  • Le réseau Cohabilis, né en 2020 de la fusion des réseaux CoSI et LIS, compte 70 structures et accompagne environ 1 700 binômes par an.
  • Au 1er janvier 2026, 22,2 % des habitants ont 65 ans ou plus (Insee) et la France compte plus de 3 millions d’étudiants : les deux besoins grandissent ensemble.

Depuis quand existe la colocation intergénérationnelle ?

La colocation intergénérationnelle organisée, celle où un senior loue une chambre de son logement à un jeune avec l’appui d’un organisme, existe depuis 1972 aux États-Unis, depuis 1991 en Espagne et depuis 2004 en France. La loi française l’a reconnue le 23 novembre 2018, sous le nom de « cohabitation intergénérationnelle solidaire ».

Vivre à plusieurs générations sous un même toit est bien plus ancien : pendant des siècles, c’était une affaire de famille. Ce qui est récent, c’est de le faire entre deux personnes qui ne se connaissaient pas, avec un contrat, un loyer modéré et quelqu’un pour accompagner la rencontre. Ce guide suit cette histoire dans l’ordre, avec une source pour chaque date.

Avant le XXe siècle, vivre à plusieurs générations sous le même toit

Jusqu’à la révolution industrielle, partager son toit entre générations était courant en France, surtout à la campagne. Mais cela se passait en famille : ce n’était ni un choix de logement ni un service, c’était la façon ordinaire de vivre et de travailler.

Le mode de vie villageois

La France d’avant l’industrie est faite de villages organisés autour de communautés rurales. On y vit de l’agriculture et de l’élevage, et la maison est aussi le lieu du travail. Grands-parents, parents et enfants s’y côtoient souvent, les uns transmettant la terre et le savoir-faire, les autres apportant leurs bras. Ce n’était pas le cas de toutes les familles ni de toutes les régions, mais la proximité entre générations allait de soi.

L’usine et la ville séparent les générations

Tableau de Claude Monet : des locomotives à vapeur sous la verrière enfumée de la gare Saint-Lazare.
La Gare Saint-Lazare (1877), Claude Monet.

À la fin du XVIIIe siècle en Angleterre, puis au XIXe siècle en France, la production quitte les champs pour les usines et les villes. Le travail s’éloigne de la maison, les jeunes partent là où il y a de l’emploi, et les logements urbains, plus petits, accueillent des ménages plus resserrés.

Le XXe siècle prolonge le mouvement. Les retraites donnent aux aînés les moyens de rester chez eux. Les études s’allongent et se font souvent loin de la famille. Chacun y gagne en indépendance, mais beaucoup de personnes âgées se retrouvent seules dans un logement devenu trop grand : 27 % des 65-79 ans vivent seuls, et près de la moitié des 80 ans ou plus (recensement de 2016, cité par la Drees). C’est sur ce terrain que l’idée d’un logement partagé entre générations, hors de la famille, va germer.

Quelle est l’origine du homesharing, aux États-Unis et en Europe ?

La première forme organisée naît aux États-Unis en 1972, à l’initiative de Maggie Kuhn. L’Europe suit au début des années 1990 : Grenade en 1991, Darmstadt en 1992, Londres en 1993. Dans le monde anglophone, on parle de « homesharing » ou de « homeshare ».

1972 : Maggie Kuhn et les premiers programmes américains

Maggie Kuhn avait fondé les Gray Panthers, un mouvement qui défendait les droits des personnes âgées : retraites, discrimination liée à l’âge, logement abordable. En 1972, elle met sur pied les premiers programmes de logement partagé entre générations. En 1980, elle fonde le National Shared Housing Resource Center, qui aide de nouveaux programmes à se créer dans tout le pays.

Sa conviction tient en quelques mots : les aînés ne doivent être ni isolés ni mis à l’écart, et jeunes et vieux ont tout à gagner à vivre ensemble. Aux États-Unis, la formule sert d’abord à permettre aux personnes âgées de rester chez elles, avec souvent un petit loyer qui complète leurs revenus.

1991-1993 : l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni

En Europe, l’idée semble avoir été inventée de façon indépendante. En 1991, le programme « Alojamiento por Compañía » (un logement contre de la compagnie) est lancé à Grenade pour répondre à une pénurie urgente de logements étudiants. En 1992, la professeure Anne-Lotte Kreickemeier crée à Darmstadt le programme « Wohnen für Hilfe » (se loger contre de l’aide), pour la même raison.

Au Royaume-Uni, Nan Maitland découvre le principe au début des années 1980 et ouvre à Londres, en 1993, le premier programme structuré du pays. En 1999, elle fonde Homeshare International, qui relie depuis les programmes du monde entier.

Le modèle espagnol, celui qui inspirera la France

L’Espagne va plus loin dans la seconde moitié des années 1990. À Madrid, l’association étudiante Solidarios para el Desarrollo propose des cohabitations dès 1996. À Barcelone, la fondation de la banque Caixa Catalunya lance en 1997 le programme « Viure i Conviure », « vivre et cohabiter ». La formule gagne ensuite Valence, Alicante et les Baléares.

Le principe est déjà celui que nous connaissons : un étudiant s’installe chez une personne âgée pour l’année universitaire, chacun y trouvant un logement abordable ou une présence. L’évaluation de ces programmes relève que 75 % des personnes âgées participantes renouvellent l’expérience.

Comment la cohabitation intergénérationnelle est-elle arrivée en France ?

Elle arrive par un drame, la canicule d’août 2003, puis par une initiative, la création du Pari Solidaire à Paris en 2004, sur le modèle espagnol. En trois ans, la France passe d’une idée à deux réseaux nationaux.

2003 : le choc de la canicule

En août 2003, une vague de chaleur sans précédent frappe le pays. L’Inserm estime à près de 15 000 le nombre de décès en excès entre le 1er et le 20 août, en grande majorité des personnes âgées. Beaucoup vivaient seules. Le pays découvre l’isolement de ses aînés.

Au même moment, la rentrée universitaire met en lumière les difficultés des étudiants à se loger. Un article sur ce problème, accompagné d’une enquête sur l’expérience espagnole, suffit à donner l’idée à plusieurs fondateurs.

2004 : Le Pari Solidaire, première association française

En 2004, Aude Messéan crée à Paris Le Pari Solidaire, première association française de logement intergénérationnel. La même année, trois autres associations voient le jour à Lyon, à Montpellier et à Rouen, toutes inspirées du modèle espagnol.

Le Pari Solidaire indique sur son site avoir accompagné plus de 5 000 cohabitations à Paris et en Île-de-France depuis sa création. L’association a rejoint le Groupe SOS Seniors en 2011.

2005-2006 : une charte et deux réseaux

Les pouvoirs publics réagissent vite. En 2005, le secrétariat d’État aux Personnes âgées publie la charte « Un toit, deux générations », complétée par un code de bonne conduite et une convention d’hébergement. C’est le premier cadre national, sans valeur de loi.

Les associations, elles, se fédèrent. En 2005, Le Pari Solidaire lance le réseau CoSI, pour « cohabitation solidaire intergénérationnelle ». En 2006 naît un second réseau, LIS, pour « logement intergénérationnel et solidaire ». La même année, Typhaine de Penfentenyo crée ensemble2générations dans les Yvelines ; l’association annonce aujourd’hui plus de 8 000 cohabitations mises en place et 33 associations locales en France.

Dès ces premières années, trois formules coexistent selon les associations : une chambre sans loyer contre une présence le soir et quelques coups de main, une chambre à loyer modéré avec des moments partagés, ou une chambre au loyer ordinaire sans engagement particulier. Ces variantes existent toujours : notre guide sur les deux formules, loyer seul ou loyer et services aide un jeune à choisir.

Quand la loi a-t-elle reconnu le logement intergénérationnel ?

Le 23 novembre 2018, avec l’article 117 de la loi ELAN. Pendant les quatorze années qui précèdent, le logement intergénérationnel se pratique sans statut propre, avec les chartes et les contrats rédigés par les associations.

Avant 2018 : une pratique sans statut

Un jeune logé chez un senior est-il un locataire, un invité, un salarié déguisé s’il rend des services ? Faute de texte, la question restait ouverte et freinait les bonnes volontés. Deux étapes préparent le terrain :

  • 2009 : la loi dite Molle permet aux locataires du parc social de sous-louer une partie de leur logement à une personne de moins de 30 ans.
  • 2015 : la loi du 28 décembre 2015 sur l’adaptation de la société au vieillissement demande au Gouvernement, dans son article 17, un rapport pour « sécuriser et favoriser les pratiques existantes ». Le texte demande une attention particulière à la frontière entre les services rendus par le jeune et le travail dissimulé.

2018 : la loi ELAN crée la cohabitation intergénérationnelle solidaire

L’article 117 de la loi ELAN donne enfin un nom et un contrat au dispositif. Une personne de 60 ans et plus, propriétaire ou locataire, peut louer ou sous-louer une partie de son logement à une personne de moins de 30 ans, contre une contrepartie financière modeste. La durée est libre, le préavis est d’un mois pour chacun, et la loi sur les baux d’habitation ne s’applique pas. Le senior locataire informe son bailleur, qui ne peut pas s’y opposer.

La loi répond aussi à la crainte du travail dissimulé. De menus services peuvent s’ajouter, sans but lucratif, et le texte tranche :

« Le contrat organise une collaboration exclusive de tout lien de subordination entre les cocontractants. Il ne relève pas du code du travail. »

Code de la construction et de l’habitation, article L631-18

Autrement dit, le jeune n’est pas un employé. Le détail du contrat, du loyer et des impôts se trouve dans notre guide complet de la cohabitation intergénérationnelle, et la question des services sur la page logement contre services.

2020 : une charte nationale et la naissance de Cohabilis

L’arrêté du 13 janvier 2020 fixe la charte nationale de la cohabitation intergénérationnelle solidaire, prévue par la loi. Elle précise le cadre général et les modalités pratiques de ces cohabitations. Colibree la complète par sa propre charte de la cohabitation, signée par l’hébergeur et par le jeune.

En septembre 2020, les réseaux CoSI et LIS fusionnent pour former Cohabilis. Ils réunissaient alors 26 et 12 structures. Le mouvement associatif parle désormais d’une seule voix.

Histoire de la cohabitation intergénérationnelle : la frise chronologique

Voici les dates à retenir, de 1972 à aujourd’hui. Chacune renvoie à la source où nous l’avons vérifiée.

Année Pays Ce qui se passe Source
1972 États-Unis Maggie Kuhn, fondatrice des Gray Panthers, lance les premiers programmes de homesharing
1980 États-Unis Création du National Shared Housing Resource Center
1991 Espagne Programme « Alojamiento por Compañía » à Grenade
1992 Allemagne Programme « Wohnen für Hilfe » à Darmstadt
1993 Royaume-Uni Nan Maitland ouvre le premier programme structuré à Londres
1996-1997 Espagne Solidarios para el Desarrollo à Madrid, puis « Viure i Conviure » à Barcelone
1999 International Création de Homeshare International
2003 France Canicule d’août : l’isolement des personnes âgées devient un sujet national
2004 France Le Pari Solidaire à Paris ; associations à Lyon, Montpellier et Rouen
2005 France Charte « Un toit, deux générations » ; création du réseau CoSI
2006 France Création du réseau LIS et d’ensemble2générations
2009 France La loi Molle ouvre la sous-location aux moins de 30 ans dans le parc social
2015 France La loi sur l’adaptation de la société au vieillissement demande un rapport sur le sujet Légifrance
2018 France Loi ELAN du 23 novembre : création de la cohabitation intergénérationnelle solidaire
2020 France Charte nationale (arrêté du 13 janvier) ; CoSI et LIS deviennent Cohabilis
2023 France Création de ColombAge, dont le service de cohabitation s’appelle aujourd’hui Colibree Colibree
2024 France La cohabitation intergénérationnelle solidaire fête ses 20 ans

Où en est l’habitat intergénérationnel aujourd’hui ?

Plus de vingt ans après ses débuts en France, l’habitat intergénérationnel est une pratique installée et reconnue, mais encore modeste : environ 1 700 binômes par an pour Cohabilis, qui se présente comme le premier réseau national. Les besoins, eux, n’ont jamais été aussi grands.

1 700 binômes accompagnés chaque année par les membres de Cohabilis

70 structures locales réunies dans le réseau Cohabilis

22,2 % des habitants ont 65 ans ou plus au 1er janvier 2026

3 millions d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en 2024-2025

Sources : Cohabilis, dossier de presse de novembre 2024 ; Insee, bilan démographique 2025 ; ministère de l’Enseignement supérieur, effectifs 2024-2025.

Des seniors plus nombreux, et souvent seuls

Au 1er janvier 2026, 22,2 % des habitants de la France ont 65 ans ou plus, contre 16,4 % en 2006. Ils sont désormais presque aussi nombreux que les moins de 20 ans. Les 75 ans ou plus représentent 11,1 % de la population. Selon les projections publiées par l’Insee en 2026, le pays compterait 5,8 millions de personnes de 65 ans ou plus supplémentaires d’ici 2070.

Beaucoup souhaitent vieillir chez eux. Une chambre vide et une maison silencieuse sont, pour beaucoup, le point de départ de la réflexion. Notre guide sur les avis et retours de seniors qui logent un étudiant en parle sans fard.

Un logement étudiant sous tension

La France a franchi pour la première fois le cap des 3 millions d’étudiants en 2024-2025, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Deux étudiants sur trois ne vivent plus chez leurs parents, et seuls 7 % logent en résidence Crous. Le loyer moyen atteint 413 € par mois, et 638 € à Paris (enquête 2023 de l’Observatoire national de la vie étudiante).

C’est ce qui explique l’intérêt des jeunes pour une chambre chez l’habitant. Pour les montants et les aides, voyez notre guide sur le prix et le budget d’une cohabitation.

Qui cohabite, et pourquoi ?

L’étude d’impact menée par Cohabilis en 2024 auprès des personnes accompagnées dessine un portrait précis :

  • 82 % des jeunes en cohabitation sont étudiants, apprentis ou alternants ;
  • 89 % des seniors vivaient seuls avant d’accueillir un jeune, et 86 % des personnes accueillantes sont des femmes ;
  • les jeunes citent d’abord l’accès à un logement économique (82 %), puis l’envie de ne pas être seuls (50 %) et celle d’aider une personne âgée (36 %) ;
  • les seniors citent d’abord l’envie d’aider un jeune (67 %), puis celle d’avoir plus de contacts (56 %).

Le loyer n’est donc pas le seul moteur : dès l’origine, la rencontre compte autant que l’économie.

De nouveaux acteurs aux côtés des associations

Le paysage s’est élargi. Aux associations pionnières se sont ajoutés des centres communaux d’action sociale, des maisons de l’habitat, des points d’information jeunesse, et des entreprises de l’économie sociale et solidaire.

ColombAge en fait partie. Créée en 2023 par trois cofondateurs, elle a accompagné plus de 400 seniors, et 100 cohabitations sont en cours avec Colibree, son service de cohabitation. Les loyers y sont en moyenne 30 % sous le marché, à surface égale. Vous pouvez lire l’histoire de Colibree et de ses fondateurs et voir comment fonctionne une cohabitation, étape par étape.

Quelles perspectives pour un logement solidaire entre générations ?

Le potentiel est considérable, mais le chemin reste long : un logement solidaire entre générations ne se décrète pas, il suppose qu’un senior ouvre sa porte. C’est là que se joue la suite de l’histoire.

Un potentiel encore peu exploité

En 2020, Cohabilis estimait à 856 000 le nombre de logements sous-occupés habités par des propriétaires retraités « prêts à sous-louer », une estimation théorique tirée d’une étude réalisée pour l’Assurance retraite. Rapporté aux quelque 1 700 binômes annuels du réseau, l’écart donne la mesure de ce qui reste à faire.

Le vieillissement de la population et la hausse du nombre d’étudiants vont dans le même sens. S’y ajoute un argument plus récent : chauffer un grand logement pour une seule personne coûte cher, et partager l’espace réduit la dépense comme l’empreinte carbone.

Les freins qui restent

  • La méconnaissance. Beaucoup de seniors ignorent encore que le dispositif existe, ou qu’un locataire peut y recourir sans que son bailleur puisse s’y opposer.
  • Les craintes. Ouvrir sa porte à un inconnu ne va pas de soi. La fondatrice du Pari Solidaire le constatait déjà dans un entretien au Labo de l’ESS : les jeunes candidats sont nombreux, les seniors prêts à accueillir le sont moins.
  • Un cadre à consolider. L’exonération d’impôt sur les loyers d’une chambre louée chez soi dépend d’un plafond annuel au m² et n’est prévue, à ce jour, que jusqu’au 31 décembre 2026. Une proposition de loi déposée au Sénat pendant la session 2023-2024 suggérait de préciser le caractère modeste de la contrepartie et de mieux financer l’accompagnement ; le cadre de 2018 reste celui qui s’applique.

À qui la formule ne convient pas

L’histoire du dispositif le montre : il a été pensé pour deux personnes autonomes. Un jeune ne remplace ni une aide à domicile ni un soignant, et la loi l’a écrit noir sur blanc. Une personne qui a besoin d’une aide quotidienne doit d’abord se tourner vers des professionnels ; la cohabitation peut venir en plus, jamais à la place. De même, un jeune qui cherche avant tout une vie de fête entre amis sera plus à l’aise dans une colocation classique.

Écrire la suite

Chaque cohabitation ajoute une ligne à cette histoire commencée il y a plus de cinquante ans. Si vous avez une chambre libre, vous pouvez proposer une chambre à un jeune ou estimer d’abord un loyer avec le simulateur de loyer. Si vous êtes étudiant ou jeune actif, commencez par chercher une chambre chez l’habitant, par exemple parmi les annonces de cohabitation intergénérationnelle à Paris, la ville où tout a commencé en France.

Questions fréquentes

Depuis quand existe la colocation intergénérationnelle en France ?

Depuis 2004. Après la canicule d’août 2003, qui a révélé l’isolement de nombreuses personnes âgées, Aude Messéan crée à Paris Le Pari Solidaire, première association française de logement intergénérationnel. La même année, des associations naissent à Lyon, Montpellier et Rouen. Le premier réseau national, CoSI, suit en 2005. La loi, elle, ne reconnaît le dispositif que le 23 novembre 2018.

Qui a inventé la cohabitation intergénérationnelle ?

Personne en particulier : l’idée est apparue à plusieurs endroits. L’Américaine Maggie Kuhn, fondatrice des Gray Panthers, lance les premiers programmes en 1972. L’Espagne l’invente de son côté à Grenade en 1991, pour loger des étudiants. À Londres, Nan Maitland ouvre le premier programme britannique en 1993, puis fonde Homeshare International en 1999.

Qu’est-ce que Le Pari Solidaire ?

Le Pari Solidaire est l’association pionnière de la cohabitation intergénérationnelle en France. Créée à Paris en 2004 sur le modèle espagnol, elle indique avoir accompagné plus de 5 000 cohabitations à Paris et en Île-de-France. Elle est à l’origine du réseau CoSI, lancé en 2005, et a rejoint le Groupe SOS Seniors en 2011.

Qu’est-ce que le réseau Cohabilis ?

Cohabilis est le principal réseau associatif français de cohabitation intergénérationnelle solidaire. Il est né en septembre 2020 de la fusion de deux réseaux plus anciens, CoSI (2005) et LIS (2006). Il réunit aujourd’hui 70 structures locales : associations, centres communaux d’action sociale, maisons de l’habitat, points d’information jeunesse. Ses membres accompagnent environ 1 700 binômes chaque année.

Quelle loi encadre la cohabitation intergénérationnelle ?

La loi ELAN du 23 novembre 2018, par son article 117. Elle définit la cohabitation intergénérationnelle solidaire entre une personne de 60 ans et plus et un jeune de moins de 30 ans, et crée un contrat propre : contrepartie financière modeste, durée libre, préavis d’un mois, menus services possibles sans lien de subordination. Une charte nationale a été fixée par l’arrêté du 13 janvier 2020.

Quelle différence entre habitat intergénérationnel et colocation intergénérationnelle ?

L’habitat intergénérationnel est la famille la plus large : il regroupe toutes les façons de faire vivre ensemble des âges différents, y compris des résidences ou des immeubles pensés pour cela. La colocation intergénérationnelle, appelée cohabitation intergénérationnelle solidaire dans la loi, en est une forme précise : un jeune loue une chambre dans le logement qu’occupe un senior.

Combien de personnes vivent en cohabitation intergénérationnelle aujourd’hui ?

Aucune statistique publique ne les compte toutes. Le réseau Cohabilis annonce environ 1 700 binômes accompagnés chaque année et 1 000 nouveaux contrats signés en 2023. Il faut y ajouter les cohabitations suivies par d’autres organismes, comme ensemble2générations ou Colibree, et celles qui se nouent sans intermédiaire. La pratique reste donc modeste au regard des 3 millions d’étudiants.

Sources

  1. Homeshare International, « The history of homesharing » (nouvel onglet)
  2. Réseau Cohabilis, présentation du réseau et dates clés (nouvel onglet)
  3. La Fonda, « Entraide intergénérationnelle : le logement », Tribune Fonda n° 225, mars 2015 (nouvel onglet)
  4. Loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 (ELAN), article 117 — Légifrance (nouvel onglet)
  5. Insee, Bilan démographique 2025, Insee Première n° 2087, janvier 2026 (nouvel onglet)
  6. Réseau Cohabilis, dossier de presse « 20 ans d’engagement pour l’habitat intergénérationnel solidaire », novembre 2024 (nouvel onglet)
  7. Ministère de l’Enseignement supérieur, « Conditions de logement des étudiants » (enquête OVE 2023) (nouvel onglet)

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