Vie quotidienne
Logement contre service : quels services un étudiant peut-il proposer à un senior ?
Courses d’appoint, présence le soir, aide avec la tablette : la loi autorise de « menus services » entre un étudiant et le senior qui l’héberge, et rien de plus. Ce guide donne la liste de ce qui est permis, de ce qui ne l’est pas, le temps que cela représente et un modèle de formulation pour le contrat.
Paul Schneider mis à jour le 14 min de lecture
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- La loi parle de « menus services », rendus sans but lucratif, sans lien de subordination et hors code du travail (article L631-18 du Code de la construction et de l’habitation).
- Sont permis les coups de main ponctuels : quelques courses, le courrier, une présence le soir, l’aide avec le téléphone ou l’ordinateur, un repas partagé.
- Sont exclus la toilette, les soins, les médicaments, la garde de nuit, le ménage de l’hébergeur et toute tâche régulière à horaires fixes : c’est le métier d’une aide à domicile.
- Aucun texte ne fixe un nombre d’heures par semaine. Le repère : si vous devez compter les heures, ce ne sont plus de menus services.
- Les services se décident à deux, s’écrivent en quelques lignes dans le contrat et se revoient dès que la situation de l’un ou de l’autre change.
En logement contre service, quels services un étudiant peut-il vraiment rendre au senior qui l’héberge ? La réponse tient en deux mots de la loi : de « menus services ». Autrement dit des coups de main légers et ponctuels, décidés à deux, jamais un travail. Ce guide fait le tri, service par service, entre ce qui est permis, ce qu’il vaut mieux éviter et ce qui est interdit, puis montre comment l’écrire. Pour comprendre la formule dans son ensemble (pour qui, à quel loyer, avec quel contrat), commencez par la page logement contre services, qui en fait le tour.
Logement contre service : quels services un étudiant peut-il rendre ?
Un étudiant hébergé peut rendre des services légers, occasionnels et choisis ensemble : rapporter quelques courses, relever le courrier, aider avec le téléphone, être présent certains soirs. Le portail officiel pour les personnes âgées cite comme exemples un « temps de présence bienveillante », le « partage de certaines soirées » et les courses.
Voici les services les plus courants, avec pour chacun un exemple et un ordre de grandeur. Les durées sont indicatives : elles servent à vérifier que l’on reste dans le « menu », pas à dresser un planning.
| Service | Exemple concret | Temps indicatif |
|---|---|---|
| Présence le soir | Dîner et dormir à la maison la plupart des soirs de semaine, prévenir quand on sort | Aucune tâche : c’est le fait d’être là |
| Courses d’appoint | Rapporter le pain, le journal ou un pack d’eau en rentrant des cours | 10 à 15 minutes, en passant |
| Courrier | Relever la boîte aux lettres, poster une enveloppe | 5 minutes |
| Poubelles | Descendre les sacs et sortir les bacs la veille du ramassage | 5 minutes |
| Plantes | Arroser les jardinières en été ou pendant une absence | 10 minutes |
| Aide au numérique | Installer un appel vidéo avec les petits-enfants, expliquer une application, prendre un rendez-vous en ligne | 15 à 30 minutes, à la demande |
| Repas partagé | Dîner ensemble un soir par semaine, chacun cuisinant à son tour | Le temps d’un repas |
| Conversation | Un café le matin, les nouvelles du jour, un film le dimanche | Selon l’envie de chacun |
| Petit bricolage | Changer une ampoule, régler la télévision, monter une étagère | 10 à 30 minutes, de temps en temps |
| Petits déplacements | Accompagner à pied jusqu’à la boulangerie, la pharmacie ou l’arrêt de bus | 20 à 30 minutes, à l’occasion |
| Lien avec les proches | Prévenir la famille en cas d’imprévu, appeler les secours si nécessaire | Exceptionnel |
Ces services ont trois points communs. Ils se font en passant, sans compétence particulière. Ils peuvent être reportés si le jeune a un partiel ou un stage. Et si personne ne les rendait, l’hébergeur continuerait à vivre normalement chez lui. Dès qu’une tâche devient indispensable chaque jour, elle change de nature.
Le service le plus apprécié est souvent le plus simple : une maison où quelqu’un rentre le soir. Les hébergeurs le disent eux-mêmes dans le guide loger un étudiant chez soi : avis et expériences.
Logement contre service : que dit la loi ?
La réglementation du logement contre service tient en trois articles du Code de la construction et de l’habitation, créés par la loi ELAN du 23 novembre 2018 : les articles L631-17 à L631-19. Ils définissent le contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire, signé entre une personne de 60 ans et plus et un jeune de moins de 30 ans.
L’article qui encadre les services
« Le contrat peut prévoir, en complément de la contrepartie financière, la réalisation, sans but lucratif pour aucune des parties, de menus services par la personne de moins de trente ans. Le contrat organise une collaboration exclusive de tout lien de subordination entre les cocontractants. Il ne relève pas du code du travail. »
Chaque mot compte :
- « Peut prévoir » : les services ne sont pas obligatoires. Une cohabitation peut reposer sur le seul loyer.
- « En complément de la contrepartie financière » : les services s’ajoutent au loyer, que la loi veut « modeste ».
- « Menus » : petits, légers, ponctuels.
- « Sans but lucratif pour aucune des parties » : le jeune n’est pas payé pour ses services, et l’hébergeur n’en tire pas un profit, par exemple en économisant le salaire d’une aide à domicile.
- « Exclusive de tout lien de subordination » : pas d’ordres, pas d’horaires imposés, pas de sanction. C’est ce qui distingue un coup de main d’un emploi.
- « Ne relève pas du code du travail » : ni salaire, ni fiche de paie, ni cotisations, tant que l’on reste dans ce cadre.
Ce que précise la charte nationale
Une charte, fixée par l’arrêté du 13 janvier 2020, complète la loi. Elle donne comme exemple de menu service « une présence bienveillante dans le respect de la vie privée », et précise que ces services ne doivent pas être assimilables « à une prestation régulière normalement fournie par un prestataire » ou par un salarié à domicile. Service-Public.fr le dit plus directement encore :
« En aucun cas le jeune ne se substitue à du personnel soignant ou à une aide à domicile (toilette, lever, coucher, soins médicaux…) pour pouvoir bénéficier d’un logement chez une personne âgée. »
Le reste du cadre, en bref
La durée du contrat et le montant de la contrepartie sont librement convenus. Chacun peut y mettre fin avec un préavis d’un mois. La loi du 6 juillet 1989 sur les baux d’habitation ne s’applique pas. Un senior locataire informe son propriétaire au préalable, et celui-ci ne peut pas s’y opposer. Tout cela est expliqué pas à pas dans le guide complet de la cohabitation intergénérationnelle.
Quels services un étudiant hébergé ne doit-il pas rendre ?
Tout ce qui relève du soin, de l’aide à la personne ou d’un travail régulier est exclu : toilette, médicaments, garde de nuit, ménage de l’hébergeur, repas de tous les jours. Ces tâches demandent une formation, engagent une responsabilité et sont le métier des aides à domicile et des soignants.
La toilette et l’aide au corps
Toilette, habillage, aide au lever, au coucher ou aux déplacements dans le logement : c’est le travail d’une auxiliaire de vie, formée aux bons gestes.
Les soins et les médicaments
Préparer un pilulier, donner un traitement, refaire un pansement : cela relève d’un infirmier ou d’un proche qui en a la charge. Une erreur aurait des conséquences graves.
La garde de nuit et la surveillance
Dormir sur place n’est pas veiller. Le jeune ne se lève pas la nuit, ne surveille pas une personne désorientée et n’est pas d’astreinte.
Le ménage de l’hébergeur
Le jeune entretient sa chambre et ce qu’il utilise : la cuisine après son repas, la salle de bain après sa douche. Il ne fait jamais le ménage, le linge ni le repassage de son hôte.
Les repas de tous les jours
Partager un dîner de temps en temps, oui. Faire les courses de la semaine et cuisiner chaque jour pour l’hébergeur, non.
Tout travail régulier
Horaires fixes, planning imposé, présence exigée : dès qu’il y a des consignes et un contrôle, on est sorti des menus services.
Pourquoi cette frontière avec le salariat ?
Parce que le droit regarde la réalité, pas le nom donné au contrat. La charte nationale rappelle la définition retenue par la Cour de cassation : le lien de subordination est « caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité de l’employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné » (chambre sociale, 13 novembre 1996). Le Conseil d’État le résume ainsi : la notion de menus services interdit au jeune « d’effectuer une prestation de travail ».
Si les services deviennent réguliers, indispensables et dirigés, un juge peut considérer qu’il existe un contrat de travail. C’est ce que l’on appelle une requalification. L’hébergeur se retrouverait alors employeur, avec ce que cela suppose : un salaire et des cotisations sociales à verser. Le jeune, lui, aurait travaillé sans la protection d’un salarié. Personne n’y gagne.
Trois signaux doivent alerter :
- vous comptez sur le jeune à heure fixe, chaque jour, pour une tâche dont vous ne pouvez pas vous passer ;
- vous lui reprochez de ne pas l’avoir faite, ou vous envisagez de baisser le loyer « en échange » d’heures ;
- sans lui, il faudrait faire appel à un professionnel.
Si vous vous reconnaissez, le besoin est réel : il appelle une aide à domicile, qui peut tout à fait intervenir en plus de la cohabitation. Les deux se complètent. Les proches trouveront des repères sur la page la cohabitation expliquée aux familles.
Permis, à éviter, interdit : comment s’y retrouver ?
Posez-vous trois questions pour chaque service : est-il léger, peut-il être reporté, pourrait-on s’en passer ? Trois oui : il est permis. Un non : il est à éviter ou à reformuler. S’il touche au corps, à la santé ou au ménage de l’hébergeur, il est interdit.
| Service | Statut | Pourquoi |
|---|---|---|
| Présence le soir, la plupart des soirs | Permis | C’est l’exemple donné par la charte nationale |
| Rapporter quelques courses en passant | Permis | Ponctuel, léger, reportable |
| Relever le courrier, sortir les poubelles, arroser | Permis | Quelques minutes, sans horaire |
| Aider avec le téléphone, la tablette, l’ordinateur | Permis | À la demande, quand le jeune est disponible |
| Partager un repas, une promenade, une conversation | Permis | Un moment partagé, pas une tâche |
| Changer une ampoule, monter un petit meuble | Permis | Occasionnel |
| Faire les grosses courses chaque semaine, seul | À éviter | Régulier et indispensable : préférez « quelques courses, lorsqu’il est présent » |
| Être présent tous les soirs, sans exception | À éviter | Prévoyez des soirs libres, les week-ends et les vacances |
| Promener le chien matin et soir | À éviter | Quotidien, à heures fixes : un coup de main occasionnel suffit |
| Conduire l’hébergeur à tous ses rendez-vous | À éviter | Régulier, et l’assurance du véhicule est à vérifier |
| Tenir les papiers, gérer les comptes | À éviter | Trop de responsabilité : c’est le rôle d’un proche ou d’un professionnel |
| Préparer tous les repas de l’hébergeur | Interdit | Tâche d’un salarié à domicile |
| Ménage, linge, repassage de l’hébergeur | Interdit | Tâche d’un salarié à domicile |
| Toilette, habillage, lever, coucher | Interdit | Aide à la personne : métier d’une auxiliaire de vie |
| Soins, médicaments, pilulier | Interdit | Acte de santé |
| Garde de nuit, surveillance, astreinte | Interdit | Présence permanente : métier d’un professionnel |
| Tout service à horaires imposés | Interdit | Lien de subordination |
Logement contre présence : combien de temps par semaine ?
Aucun texte ne fixe un nombre d’heures, et aucun chiffre officiel ne peut donc être avancé. La loi laisse les parties décider ; Service-Public.fr évoque « une présence régulière d’un jeune le soir et quelques week-ends », à définir lors de l’établissement du contrat. Colibree ne donne pas de barème non plus : chaque situation est différente.
Deux usages coexistent dans le secteur. Les associations du réseau Cohabilis ont longtemps distingué une formule dite « solidaire », avec un loyer nul ou une simple participation aux charges contre une présence certains soirs de la semaine et un week-end sur deux, et une formule dite « conviviale », avec un loyer modeste et sans engagement de présence. Entre les deux, tout se discute. Ces deux manières de faire sont comparées dans le guide vivre chez une personne âgée, avec ou sans services.
Le « logement contre présence » demande une précision. Être présent, c’est habiter là : dîner, dormir, être joignable, rassurer par le simple fait de rentrer. Ce n’est ni veiller, ni rester disponible à toute heure. Un étudiant a des cours, parfois un emploi, une vie amicale et une famille qu’il retrouve pendant les vacances.
Quelques repères, à défaut de chiffres :
- Les soirs. Convenez des soirs où le jeune est en général présent, et de soirs libres. Il prévient quand il sort ou s’absente.
- Les week-ends et les vacances. Dites dès le départ ce qui est prévu. Beaucoup d’hébergeurs s’organisent avec leurs proches pour ces périodes.
- Les tâches. Additionnés, les services du premier tableau se comptent en minutes par jour, pas en heures.
- La règle simple. Si vous commencez à compter les heures, ce ne sont plus de menus services.
Le loyer, lui, ne se calcule pas en heures de services. Chez Colibree, il reste la contrepartie du logement : on part de la chambre (ville, surface, confort), puis on parle des services. Les ordres de grandeur sont dans le guide prix et budget d’une cohabitation.
Comment écrire les services dans le contrat ?
Écrivez peu, mais écrivez : ce que le jeune fait, à peu près quand, ce qui est exclu, et la possibilité de revoir la liste. Quatre étapes suffisent.
- Parlez-en dès la rencontre. Chacun dit ce qu’il attend et ce qu’il peut offrir. Un jeune en alternance n’a pas les mêmes soirées qu’un étudiant en licence.
- Listez deux à cinq services. Avec des mots simples et des formules souples : « lorsqu’il est présent », « à la demande », « en général ».
- Écrivez aussi ce qui est exclu. Aucun soin, aucune toilette, pas de ménage en dehors de son espace.
- Prévoyez un point. Après le premier mois, puis à chaque changement d’emploi du temps.
Modèle de formulation
Voici un exemple à adapter. Il ne remplace pas le contrat lui-même.
Les formulations à éviter
- Les horaires stricts : « tous les jours de 18 h à 20 h ».
- Les volumes d’heures : « dix heures de services par semaine ».
- Les sanctions : « à défaut, le loyer sera augmenté ».
- Les tâches d’un salarié : « entretien du logement », « préparation des repas ».
- Le flou total : « aide au quotidien », qui laisse tout imaginer.
Avec Colibree, vous listez les services simplement et l’équipe les reprend dans le contrat, signé en ligne par vous deux. Chaque annonce indique aussi les services convenus avec l’hébergeur, et rien d’autre n’est attendu : un jeune peut le vérifier en parcourant les chambres disponibles. Les règles de vie (pièces partagées, invités, bruit) relèvent, elles, de la charte de la cohabitation.
Que faire si les services convenus ne conviennent plus ?
Parlez-en d’abord ensemble, sans attendre que l’agacement s’installe. Les services ne sont pas figés : un stage, des partiels, un changement d’horaires, une santé qui évolue, et l’équilibre du début ne tient plus.
Faire évoluer la liste. Un point après le premier mois permet d’ajuster. Ensuite, un mot suffit à chaque changement. Quand la modification est durable, écrivez-la : une phrase ajoutée au contrat, datée et acceptée par les deux.
Si le jeune n’y arrive plus. Il le dit, et vous réduisez la liste ou déplacez un service. Un coup de main reporté n’est pas une faute : c’est ce qui le distingue d’un travail.
Si vos besoins augmentent. C’est le cas le plus délicat. Si vous avez besoin d’aide pour la toilette, les repas ou les déplacements, n’en chargez pas le jeune : faites appel à une aide à domicile et parlez-en à vos proches. La cohabitation peut continuer à côté, pour ce qu’elle sait faire, la présence.
Si le dialogue ne suffit pas. Avec Colibree, vous prévenez l’équipe, qui écoute chacun et vous aide à retrouver un bon équilibre ; la charte sert de référence commune.
En dernier recours. Chacun peut mettre fin à la cohabitation en respectant le préavis : un mois dans un contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire. Chez Colibree, sa durée est écrite dans votre contrat et indiquée avant la signature.
Côté jeune, les engagements du quotidien sont détaillés dans le guide les règles à suivre pour un étudiant en cohabitation.
Quels services rendre à une personne âgée ? 18 idées classées
Dix-huit idées pour en parler lors de la rencontre, classées par famille. Aucune n’est obligatoire : choisissez-en deux ou trois qui comptent pour vous, et laissez le reste venir avec le temps.
Présence et lien
- Être là le soir, et dire bonsoir en rentrant.
- Partager un dîner par semaine.
- Prendre le café ensemble le matin.
- Regarder un film ou un match de temps en temps.
- Prévenir de ses absences, pour que personne ne s’inquiète.
Petits coups de main
- Rapporter le pain ou le journal en rentrant.
- Porter un pack d’eau ou un sac lourd.
- Relever le courrier.
- Sortir les poubelles et rentrer les bacs.
- Arroser les plantes et le balcon.
- Changer une ampoule, attraper ce qui est rangé en hauteur.
Numérique et papiers simples
- Installer et expliquer un appel vidéo avec la famille.
- Aider à prendre un rendez-vous en ligne.
- Régler la télévision, la box, le téléphone.
- Montrer comment envoyer une photo ou un message.
Sorties et échanges
- Accompagner à pied jusqu’au marché ou à la pharmacie, à l’occasion.
- Échanger une recette, cuisiner un plat de sa région.
- Faire une partie de cartes, de Scrabble ou d’échecs.
Vous êtes étudiant et vous cherchez un logement chez une personne âgée contre service ? Lisez la liste des services dans l’annonce avant de candidater, puis posez vos questions lors de la rencontre : la page trouver une chambre explique le parcours. Vous êtes senior et vous souhaitez accueillir un jeune ? Vous pouvez proposer votre chambre et indiquer dans l’annonce les services qui vous seraient utiles.
Questions fréquentes
Le logement contre service est-il légal ?
Oui, dans un cadre précis. Depuis la loi ELAN du 23 novembre 2018, le contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire permet à une personne de 60 ans et plus de louer une partie de son logement à un jeune de moins de 30 ans, et de prévoir de menus services en complément du loyer. Ces services sont rendus sans but lucratif et sans lien de subordination : le jeune n’est pas un salarié et le contrat ne relève pas du code du travail.
Quels services un étudiant peut-il rendre à une personne âgée ?
Des coups de main ponctuels, convenus à l’avance : rapporter quelques courses, relever le courrier, sortir les poubelles, arroser les plantes, aider avec le téléphone ou l’ordinateur, partager un repas, être présent certains soirs. Ils restent occasionnels et s’adaptent à l’emploi du temps du jeune. Tout ce qui ressemble à un travail régulier ou à un soin en est exclu.
Un étudiant hébergé peut-il aider à la toilette ou donner des médicaments ?
Non. La toilette, l’habillage, l’aide au lever et au coucher, les soins et la prise de médicaments relèvent de professionnels de l’aide à domicile ou de la santé. Service-Public.fr le rappelle : le jeune ne se substitue en aucun cas à un soignant ou à une aide à domicile. En cas de malaise ou de chute, il appelle les secours et prévient les proches, comme le ferait n’importe quel voisin.
Combien d’heures de services par semaine peut-on demander ?
Aucun texte ne fixe de nombre d’heures, et Colibree ne donne pas de barème. Les textes officiels parlent d’une présence régulière certains soirs et de quelques week-ends, à définir dans le contrat. Le bon repère est ailleurs : des services légers, que le jeune rend en passant, sans planning imposé. Si vous en venez à compter des heures ou à fixer des horaires, il faut une aide à domicile.
Les services remplacent-ils le loyer ?
La loi prévoit une contrepartie financière modeste, à laquelle des menus services peuvent s’ajouter. Chez Colibree, le loyer reste la contrepartie du logement ; les services sont un plus, convenu de bonne foi, qui ne se monnaye pas. Certaines associations proposent des formules avec un loyer très bas contre une présence plus soutenue le soir : dans tous les cas, les engagements figurent au contrat.
Faut-il écrire les services dans le contrat ?
Oui. Quelques lignes suffisent : ce que le jeune fait, à peu près quand, ce qui est exclu, et la possibilité de revoir la liste d’un commun accord. Un écrit évite les malentendus et protège les deux : l’hébergeur sait sur quoi compter, le jeune sait qu’on ne lui demandera rien d’autre. Colibree reprend les services convenus dans le contrat que vous signez tous les deux en ligne.
Que risque-t-on si les services deviennent un vrai travail ?
Si le jeune exécute des tâches régulières, à horaires imposés, sous les directives de l’hébergeur, la relation ressemble à un emploi. Un juge peut alors y voir un contrat de travail, avec ce que cela implique pour l’hébergeur : salaire et cotisations sociales. La loi écarte le code du travail pour les menus services, pas pour un travail déguisé. En cas de doute, parlez-en avant de signer.
Sources
- Loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 (loi ELAN), article 117, qui crée les articles L631-17 à L631-19 du Code de la construction et de l’habitation, Légifrance (nouvel onglet)
- Code de la construction et de l’habitation, article L631-17, Légifrance (nouvel onglet)
- Institut national de la consommation, fiche pratique J 349 sur la cohabitation intergénérationnelle solidaire et sa charte (arrêté du 13 janvier 2020) (nouvel onglet)
- Service-Public.fr, « Tout savoir sur le logement partagé solidaire », 20 août 2024 (nouvel onglet)
- Portail national pour les personnes âgées, « L’habitat intergénérationnel » (nouvel onglet)
- Conseil d’État, avis sur les différentes catégories d’habitats partagés (demande du 15 mai 2025) (nouvel onglet)
- Réseau CoSI et Ellyx, synthèse de l’étude d’impact social de la cohabitation intergénérationnelle solidaire (nouvel onglet)
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